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Europe/Espagne : Qui est donc ce mystérieux ministre espagnol de l'Immigration qui ose s'opposer à la France ?

 
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MessagePosté le: Ven 6 Juin - 08:21 (2008)    Sujet du message: Europe/Espagne : Qui est donc ce mystérieux ministre espagnol de l'Immigration qui ose s'opposer à la France ? Répondre en citant

Mais qui est donc ce mystérieux ministre de l’Immigration espagnol qui ose s’opposer à la France ?
Et surtout qu’a-t-il fait ? (bien au-delà de l’article de Libération de ce jour)


Celestino Corbacho n’est pas seulement le ministre espagnol de l’immigration. C’est surtout le Maire d’une ville de la banlieue de Barcelone confrontée à une intense concentration étrangère et qui a obtenu des résultats que les spécialistes s’accordent à considérer remarquables. C’est donc un homme de terrain et d’expérience, qui connaît intimement les questions de l’immigration et de l’intégration pour s’y être directement confronté et qui se méfie avant tout des fausses solutions dont il connaît les effets pervers. C’est un peu comme si le Maire de Vénissieux ou de Sarcelles pouvait se prévaloir de résultats incontestables et avait pris le poste de ministre de l’Immigration en France. L’immigration est une question trop sérieuse pour la laisser aux hommes politiques français qui plus est plus à l’aise à Neuilly qu'ils considérent d'ailleurs comme une citadelle encerclée qu'il faut sauver des étrangers (surtout des étrangers pauvres ainsi que de leurs enfants même si ces derniers sont français).

Anecdote de l’admin en guise d'introduction : Petite arnaque à l’info de Libération de ce jour. L’article de F. Musseau « envoyé spécial de Libération à l’Hospitalet », http://www.liberation.fr/actualite/monde/330146.FR.php est le resucé d’un article du même François Musseau dans Le Temps (quotidien suisse) du 28 mai. Nous sommes aujourd’hui le 6 juin …

Multinational a donc décidé de vous présenter l’article suisse du Temps et, comme il est excellent, nous nous  permettons de vous le proposer en intégralité ainsi qu’une biographie de Celestino Corbacho et un article du journal espagnol abc, laborieusement traduit en français par google, qui explique le point de désaccord entre les Espagnols et les Français.

Tout d’abord une analyse à chaud de Multinational sur les enjeux en présence, qui concernent directement les couples mixtes :

Les Espagnols refusent la position française cherchant à généraliser en Europe l’obligation pour les étrangers de signer un Contrat d’intégration imposant d’apprendre la langue du pays d’installation.

Pourquoi ?

1. Parce que c’est contre productif en matière de fluidité du marché européen du travail,
2. Parce que c’est impossible à imposer face aux directives européennes de libre circulation des travailleurs et de leurs familles qui s’y opposent
3. Parce que c’est attentatoire aux libertés fondamentales.


1. Contre-productif pour la fluidité du marché européen du travail :

Prenons l’exemple actuel des étrangers travaillant en Espagne. La bulle immobilière a éclaté et le secteur de la construction est en chute libre. De très nombreux étrangers travaillant dans le bâtiment, légalement ou pas, se retrouvent au chômage. Il est impossible de les convaincre de repartir dans leurs pays d’origine. Dès lors quelle est la solution : leur rendre plus facile la réinstallation dans un autre pays européen qui aujourd’hui embauche, par exemple la Finlande ou la Suéde. Ce qui permet de refroidir la marmite sociale qui commence à bouillir en Espagne.

Prenons l’exemple des couples franco-étrangers, cher à Multinational. Si je suis français et que ma femme est népalaise, elle sera donc supposée apprendre le français pour pouvoir disposer d’une autorisation de vivre en France avec moi. Fort logique jusque là mais que se passe-t-il maintenant si nous décidons de déménager par exemple au Danemark pour de meilleures conditions de travail. Faudra-t-il alors qu’elle apprenne également le danois ? Et si nous réinstallons en Hollande suite à une promotion professionnelle, il lui faudrait désormais maîtriser de plus le hollandais ? Et tout ça alors que moi, son conjoint, je n’aurais aucune obligation d’apprendre toutes ces langues dont je me passe d’ailleurs très bien (avec google traduction automatique …) !

Système absurde et impraticable que cette obligation d’apprendre le français qui doit rester du domaine du libre choix. D’ailleurs la citoyenneté européenne nous en affranchi dès aujourd’hui.


2. Impossible à imposer face aux directives européennes de libre circulation des travailleurs et de leurs familles (valant aussi pour la libre circulation des personnes et de leurs familles).

Dans le cadre des couples mixtes européen/non européen, cela se traduit par l’Euro-exil ardemment défendu par multinational.

Rappelons le principe : la citoyenneté européenne nous permet de ne plus dépendre des lois nationales mais des directives européennes qui ne posent que deux conditions à la libre installation de nos familles binationales ailleurs en Europe puis de revenir dans notre pays européen d’origine : Ne pas parasiter les systèmes sociaux des autres et disposer d’un statut familial incontestable. C’est tout (même si dans la pratique c’est un peu plus compliqué).

Dès lors, toutes ces restrictions nationales (contrat d’intégration dans le pays européen ou test de langue ou d’employabilité dans le pays non-européen d’origine de notre conjoint) ne peuvent nous être imposés. La citoyenneté européenne nous protège.


3. Imposer cet apprentissage des langues est contraire aux libertés fondamentales :

Tout simplement parce que cet apprentissage obligatoire ne sera pas imposé à tout le monde. Les Etats nationaux ne les imposeront pas aux ressortissants des pays riches (du Japon aux Etats-Unis en passant par la Corée du Sud ou l’Australie), ni aux familles des immigrés qualifiés dont nous avons tant besoin d’autre part. On ne peut recruter par exemple des informaticiens indiens que le monde entier s’arrache si on oblige leurs épouses à apprendre le français.

Dès lors, il devient nécessaire de multiplier les exemptions. Et dès lors, l’apprentissage obligatoire de la langue, qui n’a d’autre vocation que d’imposer une difficulté supplémentaire aux ressortissants des pays pauvres pour les dissuader (voir les empêcher) de vivre en Europe, deviendrait discriminatoire et attaqué comme tel au titre des traités et conventions internationales et européennes.


On peut remarquer que la plupart des immigrés comme de l'immigration familiale ne joue pas à saute-frontiéres européennes et que la nécessité de maîtriser la langue du pays d'accueil paraît donc pertinente. C'est tout à fait exact. Mais l'important n'est pas de se réinstaller effectivement dans un autre pays européen mais plutôt de ne pas être dissuadé de pouvoir le faire, aujourd'hui ou dans 10 ans, si la necessité ou l'envie s'en fait sentir sur le seul motif de devoir en passer par l'apprentissage d'une nouvelle langue. L'utilité intégratrice des cours de langue n'est pas en cause, l'inaceptable se trouve dans leur caractère obligatoire, conditionnant le titre de séjour.


Quant à l'Espagne, on comprend facilement qu'elle soit dubitative confrontées à des proposition de ce type face à la multiplicité et la diversité des langues et autonomies régionales qui désormais la composent. Ira-t-elle au clash avec Nicolas Sarkozy sur la question ? L'article d'abc (cité en tête d'article) nous donne en tout cas l'équation telle qu'elle est : "Le ministre français (Hortefeux) a donné l'assurance qu'il sera possible d'aplanir les divergences actuelles entre Rodriguez Zapatero et Nicolas Sarkozy sur le contrat en matière d'immigration » qui nécessiterait immigrés à apprendre la langue du pays d'accueil et d'adopter ses valeurs. Cette initiative a pourtant été déjà rejetée par Zapatero lors de sa proposition par Rajoy, (le leader de la droite espagnole) lors de la campagne électorale, et a été considérée dès le départ par le gouvernement espagnol comme un "obstacle au marché du travail" et une "irresponsabilité fondamentale."




Voici maintenant l’article sur l’hospitalet tel que publié par Le Temps le 28 mai 2008 :


A Barcelone,
l’Hospitalet rime avec modèle d’intégration réussi
ESPAGNE. Barcelone  - LeTemps.ch -  François Musseau – 28 mai 2008
Quotidien Le Temps – Suisse

Celestino Corbacho, maire de la banlieue sud de la capitale catalane, a si bien réussi à intégrer les étrangers qu’il a été nommé ministre de l’Immigration par José Luis Zapatero.


L’article est très intéressant car il permet de montrer la vision de l’immigration et l’attitude face au regroupement familial du nouveau ministre espagnol de l’Immigration. Multinational décide donc, à titre exceptionnel, de le publier en entier tout en remerciant la source : Quotidien Le Temps – Suisse


Sans charme et anonyme, la cité-dortoir de l’Hospitalet se réjouit d’avoir été récemment estampillée «modèle d’intégration» pour ses nombreux immigrés. Coincée en banlieue sud de Barcelone, cette ville de 260 000 habitants (la deuxième la plus peuplée de Catalogne) est citée en exemple. Le déclic, ce fut la nomination en avril du nouveau ministre de l’Immigration, Celestino Corbacho, maire socialiste de l’Hospitalet depuis quatorze ans. Il y a peu, le premier ministre José Luis Zapatero a été impressionné par la capacité municipale d’«encadrer et intégrer» sa forte immigration. Au point, donc, de nommer le maire à la tête de ce portefeuille ultra-sensible. Ministre tonitruant qui revendique le «parler-vrai», Celestino Corbacho déconcerte: il parle de «serrer la vis» face aux «sans-papiers» et se méfie du regroupement familial, tout en militant pour «une plus grande humanité» envers les immigrés - 10% de la population espagnole.

Ingrédients explosifs

«A l’Hospitalet, le simple fait de ne pas avoir eu d’incidents majeurs, comme dans des communes voisines, relève du miracle!» se réjouit la socialiste Nuria Marin, qui a remplacé Celestino Corbacho à la tête de la mairie. Autrement dit, la poudrière a été «pour l’instant» contrôlée. L’Hospitalet présente il est vrai des ingrédients explosifs: une cité verticale de tours et de barres, peu d’espaces verts, une population populaire, la plus grande densité du pays.

Il y a dix ans, on ne comptait que 3531 immigrés, essentiellement des Marocains appréciés pour leur discrétion. Et puis, soudain, dès 2000, une avalanche de Sud-Américains, Maghrébins et Asiatiques. Aujourd’hui, on recense 62822 étrangers, soit 24% de la population, avec des pointes à 35% dans les quartiers nord de La Florida, Collblanc ou La Torassa. Une nouvelle secousse dans cette cité de tradition ouvrière qui, dans les années1950 et 1960, avait accueilli des «immigrés» du reste de l’Espagne. «On est passé de fermer les écoles à devoir en ouvrir d’autres», souligne Yolanda, de la Llumeneta, collectif pionnier pour l’intégration. «Pour les gens d’ici, c’est un sacré choc.»

En 2005, sentant monter le sentiment d’une «invasion étrangère», le maire Celestino Corbacho sort le bistouri sécuritaire. «Bienvenue aux arrivants, dit-il, mais tolérance zéro contre toute forme d’illégalité.» Pour éviter les concentrations excessives de «Latinos», il établit une distance minimale de 300 mètres entre deux locutorios, des boutiques de téléphonie servant de centres associatifs. Tout commerce est soumis aux strictes règles locales. En cas d’entraves, la licence est retirée ou les amendes pleuvent - jusqu’à 6000 euros. Les bars sont priés de choisir entre l’insonorisation ou des limites horaires rigoureuses. Quatre-vingts établissements ont ainsi été fermés par la police locale.

Médiateurs municipaux

«On n’y a pas été de main morte, mais c’était indispensable, se défend Nuria Marin. Les gens d’ici ne doivent pas avoir la sensation que les nouveaux arrivants allaient dicter leur loi.» Jardins et parcs sont fermés la nuit. Et, lorsque les rares espaces verts sont monopolisés par un collectif d’immigrés, la police municipale intervient. Enfin, la mairie tente de désamorcer les conflits de palier: «Pas question qu’un appartement se transforme en discothèque le week-end», résume Nuria Marin.

Mais cette discipline va de pair avec un réel effort d’intégration. Une dizaine de médiateurs municipaux parcourent la ville pour s’attaquer au moindre conflit naissant - des litiges de voisinage dans 95% des cas. Toujours en 2005, le maire Corbacho sort le chéquier - 300 000 euros par an - pour faciliter l’intégration des étrangers: alphabétisation en castillan et en catalan; mise en service des écoles le week-end pour activités sportives ou culturelles; prise en charge post-scolaire des gamins immigrés livrés à eux-mêmes; «parrainages» entre Catalans et nouveaux arrivants, etc. «Il ne suffit pas de dire aux immigrés de respecter nos coutumes et habitudes. Il leur faut aussi des lieux pour vivre les leurs», dit Dolors Fernandez, conseillère municipale.

«La pédagogie des médiateurs, surtout, a diminué les méfiances réciproques. Cela a beaucoup réduit les tensions, admet Antonio Garcia, septuagénaire, président des habitants de La Florida (plus d’un tiers d’immigrés). Toutefois, la cohabitation reste difficile et on n’est pas à l’abri de dérapages.»


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MessagePosté le: Ven 6 Juin - 08:21 (2008)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Sam 10 Oct - 18:46 (2009)    Sujet du message: Europe/Espagne : Qui est donc ce mystérieux ministre espagnol de l'Immigration qui ose s'opposer à la France ? Répondre en citant

Les liens proposés dans cet article ont disparu du web.

Tout juste peut-on sauver celui-ci, concernant la biographie (en français s'il vous plaît) de Celistino Corbacho, ministre espagnol de l'immigration et du travail :

http://www.mtas.es/fr/extras/ministro/ministro.htm


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:27 (2017)    Sujet du message: Europe/Espagne : Qui est donc ce mystérieux ministre espagnol de l'Immigration qui ose s'opposer à la France ?

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