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Québec : Ecole de qualité pour quartiers pauvres d'immigration ? – 13 juin 2008

 
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MessagePosté le: Ven 13 Juin - 04:57 (2008)    Sujet du message: Québec : Ecole de qualité pour quartiers pauvres d'immigration ? – 13 juin 2008 Répondre en citant

Le quartier Saint-Michel de Montréal, c'est quelques 60 000 personnes dont 42% sont nés ailleurs qu'au Canada. Beaucoup d'enfants, 30% de familles monoparentales, beaucoup de foyers multifamiliaux (plusieurs familles dans un même logement), 40% des familles sous le seuil des revenus peu élevés, 6% des personnes ne peuvent s'exprimer ni en français, ni en anglais. Pour une présentation détaillée du quartier Saint-Michel, c'est ici


Ecole : Le modèle québécois
En maths, en sciences, en lecture, les élèves de la province canadienne sont parmi les premiers de la classe mondiale. Enquête
12 juin 2008  -  Le nouvel observateur  -  Caroline Brizard
Citation:
Il était une fois une école qui marchait mieux que les autres. Une école où un fils de pauvre avait presque autant de chances de réussir qu'un fils de roi. Une école portée par un projet collectif et un idéal d'égalité. Un conte de fées ? Elle se passe au Québec, qui se classe parmi les premiers dans les évaluations internationales. En maths, sciences, lecture, il court en tête, tandis que la France est reléguée dans les profondeurs du classement. Quelles sont les recettes de son succès ? Et, accessoirement, comment peuvent-elles nous inspirer ?

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APPRENDRE MOINS, MAIS MIEUX


Le quartier Saint-Michel est une des poches de pauvreté de la ville de Montréal. Au beau milieu, l'école Joseph-François-Perrault, une énorme bâtisse entourée de pelouse, accueille 1 600 élèves de 12 à 18 ans et affiche de très bons résultats. Un cours au hasard : celui de Mathieu, 21 ans, professeur de maths. Pour la leçon sur les fonctions sinusoïdales, un sujet pas très sexy, il est allé «chercher l'attention» des élèves de première en commençant par leur faire enregistrer différents instruments de musique. Un logiciel a transformé ces sons en courbes qu'ils ont pu visualiser. Pour ces élèves dont un grand nombre suit un cursus musical, passer de l'acoustique aux mathématiques avait du sens. «C'est connecté à ce que l'on vit», résume Skander, 15 ans.

Les professeurs, quelle que soit leur matière, s'ingénient à multiplier ce genre de démarches. Ils sont rompus à cela. Pendant leur formation, ils passent le tiers du temps à étudier la discipline, le reste à travailler la didactique, la psychologie, la pédagogie. Philippe, 34 ans, est en 2e année à l'Université de Montréal pour devenir instituteur : «Je n'ai ni cours de grammaire ni cours de maths. Tout l'accent est mis sur les manières d'enseigner, de gérer la classe, voire de se remettre en question quand les élèves ne suivent pas.» C'est le leitmotiv de Roch Chouinard, professeur de psychopédagogie à l'Université de Montréal : «L'école doit susciter l'engagement des élèves dans leurs apprentissages.»

Mais comment y parvenir ? «Il faut partir de leur expérience pour aller plus haut.»

Ce fil rouge court dès les premières années, dans cette classe d'accueil où Mouhamed, Annifa, Yasline, T'keyah, Bahraz, hauts comme trois pommes, apprennent à parler français par toutes sortes de jeux. Toujours le même fil rouge, en primaire. Pour accrocher l'intérêt d'élèves qui étudient le Moyen Age, l'institutrice leur fait construire un château fort, reproduire des machines de guerre, fabriquer des figurines de plâtre... Ils sont si passionnés qu'à la récréation aucun d'entre eux ne veut s'arrêter. Sans doute n'auront-ils pas appris tous les rebondissements de la guerre de Cent Ans. Tant pis. «Au Québec, l'école a adapté ses attentes aux élèves qu'elle accueille. On apprend moins, mais on apprend mieux», résume Bernard Hugonnier, spécialiste de l'Education à l'OCDE.


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POUR DES ELEVES FIERS

«Je suis fière de toi. Tu as fait énormément de progrès», s'exclame Marie-Eve, l'institutrice, à Boubacar, 10 ans, qui vient de présenter devant la classe, d'une voix timide, un écrivain québécois. L'encouragement est la règle d'or. Et quand Marie-Eve se tourne vers les autres élèves pour qu'ils réagissent à leur tour, elle exige des commentaires positifs et argumentés. Ce n'est pas facile. «Tu n'as pas parlé trop vite, et j'ai tout compris», hasarde une petite fille. On apprend très tôt à se respecter. Et à se connaître.
Aujourd'hui, à l'heure du déjeuner, le réfectoire vibre aux rythmes de la salsa. Au centre, les élèves ont poussé des tables et des couples chaloupent joyeusement. «Cette semaine, nous fêtons les cultures d'origine, explique Chantal, chargée des activités péri scolaires. Nous accueillons une école de danse d'Haïti; demain, ce sera l'Irlande avec une troupe de gigue, puis l'Algérie avec des chants...» La démarche est efficace. «Il y a un moindre rejet du système éducatif quand vous retrouvez des éléments de votre propre culture à l'école», souligne Eric Dionne, le directeur de Joseph-François-Perrault.

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RATTRAPAGE SUR MESURE

Pour les adolescents en rupture de ban, il fallait inventer. Le système donne assez de latitude aux écoles pour le faire. A Joseph-François-Perrault, une cinquantaine d'élèves sont enrôlés dans le programme Focus. Une sorte d'école à la carte, sans cours magistraux. On y progresse à son rythme et on ne recourt à l'enseignant que si besoin est. «Si tu travailles pas, c'est toi que tu pénalises», résume Loïc, 15 ans, d'origine chinoise. Ander son, 18 ans, arrivé à 9 ans d'Haïti, pétait les plombs dans le système normal. «Pour les profs, on était tous pareils. Ici, on nous traite chacun différemment.» Avec quatre adultes, beaucoup d'attention, un nombre réduit de matières, Focus réussit à fidéliser ceux qui décrochent.

D'autres ont juste besoin d'un coup de main. Pour eux, chaque établissement dispose d'un ou de plusieurs «professeurs ressources», sortes de bonnes fées qui offrent du rattrapage sur mesure dès qu'ils trébuchent. Le redoublement n'existe pratiquement pas. Ce matin, Nathalie reçoit trois adolescents de secondaire 2 (l'équivalent de la quatrième). Au menu, des exercices de repérage de mots pour améliorer la vitesse de lecture, et des recettes pour penser plus efficacement. «En quelques semaines, à raison d'une à deux séances hebdomadaires, les élèves auront surmonté leur difficulté», assure-t-elle. A l'échelle nationale, ces pratiques portent leurs fruits : à 15 ans, le niveau des élèves est assez homogène. Le milieu familial a une incidence faible sur leurs résultats, à l'inverse de la France. «L'objectif commun est de créer une société égalitaire, où il n'y a pas de citoyens de seconde zone», explique Pierre Bergevin, sous-ministre de l'Education.


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L'ECOLE EST MON VILLAGE

La journée de classe se termine vers 15 heures. A l'école Sainte-Odile, au nord de Montréal, le directeur Robert Ledoux entame le tour du propriétaire pour fermer les étages, cadenasser la salle des photocopieuses, et abandonner le gymnase et les classes du rez-de-chaussée aux associations du quartier : chaque jour après 17 heures, pendant le week-end et les vacances, l'établissement se transforme en centre de loisirs. Beaucoup d'élèves vont donc revenir. «Ils découvrent l'école autrement, dit-il, et ça leur est bénéfique. Leur persévérance scolaire augmente.» Tisser davantage de liens entre le quartier et l'école pour que les enfants y réussissent mieux, c'est l'esprit de cette «école communautaire».

Le motif est d'abord économique. «Les budgets des écoles ont baissé, alors que les besoins des élèves augmentaient. Il n'y avait pas d'autre choix que de s'associer avec le milieu», rappelle Benoit Bussière, directeur à la Commission scolaire de Montréal, l'équivalent du rectorat. Cette porosité avec le quartier et l'école peut prendre le visage d'un colosse à la voix de contrebasse, dont le rire fait trembler les murs. Jean-Yves Sylvestre est un «intervenant communautaire», une sorte de grand frère affecté à l'école Joseph-François-Perrault. Il a son bureau près du réfectoire. «Je m'occupais de réinsertion sociale auprès des jeunes qui traînaient dehors», se souvient-il. Depuis six ans, un centre social le paie pour faire de la prévention à l'intérieur même de Joseph-François-Perrault. Il rassure, discute, désamorce les conflits.


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PROFS OMNIPRESENTS

Un vrai cauchemar pour le Snes ! Les profs font 18 heures de cours par semaine, mais ils restent 32 heures dans leur établissement, pour assurer toutes sortes de tâches annexes : organiser les cessions d'examens, surveiller les corridors ou la bibliothèque, rencontrer les élèves... et, ô sacrilège ! remplacer même un collègue absent. «Je ne fais pas cours à sa place, je surveille simplement le travail que le professeur leur a laissé», précise Nathalie Lecours, professeur de français.
La philosophie de tout cela ? Elle est simple : «Les enseignants doivent être davantage à l'école, résume le directeur Eric Dionne, parce que les élèves en ont besoin.» Cela fait sans doute le bonheur des jeunes. Mais la profession renâcle. 30% des enseignants abandonnent le métier au cours des cinq premières années... parce qu'ils le jugent trop pénible.




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MessagePosté le: Ven 13 Juin - 04:57 (2008)    Sujet du message: Publicité

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