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France : Familles franco-étrangères - Mort de Josiane Nardi, immolée devant la prison du Mans pour tenter d'empêcher l'expulsion de son compagnon

 
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MessagePosté le: Dim 19 Oct - 12:01 (2008)    Sujet du message: France : Familles franco-étrangères - Mort de Josiane Nardi, immolée devant la prison du Mans pour tenter d'empêcher l'expulsion de son compagnon Répondre en citant

L'acharnement administratif stupide a conduit au drame. Le couple s'est rencontré en 2005, il ne pouvait se marier : le compagnon, plusieurs fois condamné pour violences en France, était déjà marié en Arménie. Josiane Nardi avait été placée quant à elle en garde à vue et condemnée à 900 euros d'amende pour l'héberger. Elle lui avait acheté un bar dans le centre-ville du Mans. Cet article, qui constitue à ce jour le témoignage le plus complet sur le drame du Mans, a été publié juste avant l'annonce de la mort de J. Nardi. Nous espérons que ce drame ne soit pas en vain et que tout soit fait pour qu'il n'y ait pas de nouveaux couples - franco-étrangers ou qui que ce soit d'autres - réduits à ce désespoir

Sans-papiers: drame devant la prison du Mans
Christine CORRE et Matthieu MARIN - Ouest France - dimanche 19 octobre 2008

La compagne d'un sans-papier s'est immolée par le feu, hier matin, pour protester contre la reconduite à la frontière de son ami arménien, le jour de sa sortie de la maison d'arrêt. Un journaliste d'Ouest-France a été brûlé en lui portant secours.

« Une torche humaine ! » Les quelques témoins du drame qui s'est déroulé, hier matin, devant la maison d'arrêt du Mans, sont sous le choc. Vers 9h, Josiane Nardi, une femme d'une soixantaine d'années, s'est immolée par le feu, juste devant la grande porte grise du bâtiment. Son compagnon, d'origine arménienne, allait être expulsé du territoire juste à sa sortie de prison.

Deux journalistes présents sur les lieux ont été extrêmement choqués. Jérôme Lourdais, notre collègue de la rédaction mancelle d'Ouest-France, brûlé à la main, était, hier soir encore, hospitalisé.

Condamnations pour violences

Le compagnon de Mme Nardi, Henrik Orujyan, 32 ans, Arménien, purgeait sa peine depuis un an et demi au Mans. Entré clandestinement en France en 2001, il a été condamné plusieurs fois, selon le préfet de la Sarthe. Vols, violences avec armes, violences sur sa concubine. Il est sous le coup d'interdictions du territoire, prononcées en 2002 et 2005. Mais jamais appliquées, en raison de son refus d'embarquer.

Pour cette nouvelle tentative d'expulsion, le préfet de la Sarthe avait signé « sur réquisition du procureur de la République », un placement en centre de rétention administrative. Marié en Arménie, père d'un enfant de huit ans, Henrik Orujyan n'a jamais demandé de régularisation mais il a sollicité, quatre fois, le bénéfice du droit d'asile à la France. Refusé quatre fois.

Josiane, il l'a rencontrée en 2005, dans l'Eure. Elle a même été placée en garde à vue et condamnée à une amende de 900 € pour l'avoir hébergé, lui, un sans-papiers. Elle venait le voir très souvent au parloir. Récemment, elle a acheté, pour lui, un bar dans le centre-ville du Mans.

« Je vais les empêcher de l'emmener »

Depuis plusieurs semaines, Josiane Nardi était inquiète. Elle s'était renseignée auprès de la préfecture, avait contacté un avocat, des associations de défense des droits de l'homme. Vendredi soir, comme un dernier recours, elle prévient la presse.

Vers 8h30, samedi, elle attend les deux journalistes devant la maison d'arrêt. Ne voyant pas son compagnon sortir, et alors qu'une voiture de police entre dans la prison, elle panique. « Elle a dit : je vais les empêcher de l'emmener », raconte un témoin.

Soudain, elle se jette dans sa voiture, garée devant la prison. En ressort avec une bouteille d'essence et un briquet. Sans que personne n'ait le temps de faire un geste, elle s'asperge. Les premiers témoins, dont notre confrère Jérôme Lourdais, tentent d'intervenir. Mais elle allume son briquet.

État très grave

Sérieusement blessé à la main, notre collègue la voit brûler, puis s'écrouler. Avec son confrère du Maine Libre et quelques passants affolés, il hurle à l'aide. Tambourine à la porte de la prison, qui reste close. Les témoins tentent d'éteindre les flammes avant l'arrivée des sapeurs-pompiers. « Je ne veux pas mourir, je veux voir Henrik », murmure Josiane Nardi. Pourquoi personne ne sort de la maison d'arrêtà ce moment ? « De l'intérieur, les policiers n'ont rien vu », répond le préfet.

Très choqués, les deux journalistes sont transportés à l'hôpital. Pris en charge par un psychologue. Hier soir, Josiane Nardi était entre la vie et la mort, à l'hôpital des grands brûlés de Tours. « Il y a de sérieuses raisons de s'alarmer pour elle », indique le préfet.

Le compagnon arménien assigné à résidence

Dans l'après-midi, une centaine de personnes se sont rassemblées devant la préfecture du Mans, pour crier leur indignation. « Nous demandons que la lumière soit faite sur la chaîne de responsabilité qui a conduit à ce drame. » HenrikOrujyan a été transféré au Centre de rétention administrative de Rennes. Selon nos informations, la décision a finalement été prise, hier soir, de ne pas l'expulser et de l'assigner à résidence. Un espoir pour lui de pouvoir se rendre au chevet de sa compagne.

La direction et la rédaction d'Ouest-France souhaitent un prompt rétablissement à nos deux collègues, Jérôme Lourdais, de notre journal, et Fabrice Gandon, du Maine Libre. Nous les assurons de notre soutien et de notre amitié en ces moments pénibles.


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MessagePosté le: Dim 19 Oct - 12:01 (2008)    Sujet du message: Publicité

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mouna29


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MessagePosté le: Dim 19 Oct - 21:44 (2008)    Sujet du message: France : Familles franco-étrangères - Mort de Josiane Nardi, immolée devant la prison du Mans pour tenter d'empêcher l'expulsion de son compagnon Répondre en citant

Honte sur la France, rien ne mérite la mort d'un être humain.

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MessagePosté le: Lun 20 Oct - 11:46 (2008)    Sujet du message: France : Familles franco-étrangères - Mort de Josiane Nardi, immolée devant la prison du Mans pour tenter d'empêcher l'expulsion de son compagnon Répondre en citant

Josiane se tue pour protester contre l’expulsion de son ami
Le Parisien - Timothée Boutry | 20.10.2008, 07h00

Une femme de 60 ans est morte hier en s’immolant le jour où son compagnon arménien devait être transféré de prison vers un centre de rétention. Ce geste de détresse relance la polémique sur la politique d’expulsion des étrangers.

L’ACTE désespéré de Josiane Nardi lui aura été fatal. Hier matin au Mans (Sarthe), cette femme de 60 ans a succombé à ses brûlures à l’hôpital. La veille, elle s’était immolée pour protester contre l’expulsion programmée de son compagnon arménien, Henrik Orujyan, 31 ans. Un drame qui a provoqué une vive émotion.

« Sans vouloir entrer dans le débat de fond sur l’immigration, le fait qu’une femme aille jusqu’à une telle extrémité pour soutenir son compagnon doit faire réfléchir tous les responsables de la société, réagit le maire du Mans, Jean-Claude Boulard (PS). Quand on aime quelqu’un, il n’est pas question de son origine ou de sa couleur, mais d’humanité. »

« C’est encore l’avion qui m’attend »

Le geste radical et imprévisible de Josiane Nardi a eu lieu devant la maison d’arrêt du Mans, où était incarcéré depuis deux ans son compagnon. Arrivé en France en 2001, Henrik Orujyan avait fait la connaissance de cette patronne de café il y a environ cinq ans. En 2006 et en 2007 selon la préfecture, il avait écopé de deux peines de prison, une pour violence avec arme, l’autre pour violence à l’égard de sa compagne. Sa détention prenait fin samedi mais, sous le coup de deux interdictions de séjour, l’Arménien débouté de ses quatre demandes d’asile devait être expulsé. Une situation vécue comme une « injustice » par Josiane Nardi, qui avait donné rendez-vous à la presse samedi matin devant la prison, le jour du transfèrement de son compagnon vers un centre de rétention administrative. C’est ce moment de la séparation imposée qu’elle a choisi pour s’asperger d’essence.

De nombreuses voix se sont élevées hier pour dénoncer la politique migratoire du gouvernement. Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) a fait part de son « effroi » tout en appelant à un « sursaut des consciences devant la politique de criminalisation de l’immigration ». Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a de son côté estimé qu’il ne s’agissait pas d’une affaire « de double peine ou de sans-papiers » mais d’une affaire « de droit commun », précisant que l’homme avait des liens étroits avec l’Arménie où « il a une épouse et un enfant ». Pour des raisons médicales, Henrik Orujyan a été libéré samedi soir du centre de rétention et assigné à résidence. « C’est encore l’avion qui m’attend », confiait-il, hier, ému et sous le choc du drame. La préfecture entend en effet toujours faire appliquer la mesure d’éloignement. Les soutiens du jeune homme implorent l’abandon de cette décision


Dernière édition par Admin le Lun 20 Oct - 11:50 (2008); édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 20 Oct - 11:49 (2008)    Sujet du message: France : Familles franco-étrangères - Mort de Josiane Nardi, immolée devant la prison du Mans pour tenter d'empêcher l'expulsion de son compagnon Répondre en citant

Immolation : "Je ne comprends pas le geste de ma mère"NOUVELOBS.COM | 20.10.2008 | 11:14

Choquée par l'immolation de sa mère, qui, pour empêcher l'expulsion de son compagnon, un Arménien en situation irrégulière, s'est mis le feu samedi matin devant la prison où il était détenu, la fille de Josiane Nardi accuse le sans-papiers.

Choquée par l'immolation de sa mère, qui, pour empêcher l'expulsion de son compagnon, Henrik Orujyan, un Arménien sans-papiers, s'est mis le feu samedi matin devant la prison du Mans où il était détenu, la fille de Josiane Nardi, Vanina, se confie dans les colonnes du Parisien/Aujourd'hui en France daté du lundi 20 octobre.

"Je n'ai jamais vraiment accepté cette relation" [entre sa mère et Henrik Orujyan], dit-elle. "Cette histoire lui est montée à la tête, c'est devenu une galère pour elle. Entre eux, ça allait deux jours, et le lendemain ça se gâtait. (...) Cet homme la frappait, il a d'ailleurs été condamné pour ses violences", poursuit Vanina. "Ma mère était malheureuse, dépressive, et pourtant elle aurait fait n'importe quoi pour lui," affirme-t-elle.

"Elle était, comme on dit, sous son influence. Je n'arrive pas à comprendre son geste. Je tiens Henrik pour responsable de ce qui est arrivé à ma mère", conclut la fille de Josiane Nardi, avant d'ajouter : "J'ai mal, et j'ai la haine contre lui".

Geste désespéré

Josiane Nardi s'est aspergée d'essence avant de s'immoler samedi matin devant la prison du Mans, dans un geste désespéré de protestation face à sa situation de clandestin. Les journalistes qu'elle avait convoqués ont tenté de la sauver sans résultat. Elle a été transférée dans un état grave au service des grands brûlés de Tours, où elle est décédée dimanche matin des suites de ses brûlures. Son geste a provoqué une polémique, dimanche, sur la politique gouvernementale en matière d'immigration clandestine.

Très abattu, son compagnon, Henrik Orujyan, a déclaré dimanche : "C'est encore l'avion qui m'attend. Tout est foutu. Je vais finir par la rejoindre."


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MessagePosté le: Lun 20 Oct - 11:55 (2008)    Sujet du message: France : Familles franco-étrangères - Mort de Josiane Nardi, immolée devant la prison du Mans pour tenter d'empêcher l'expulsion de son compagnon Répondre en citant

"Tout est foutu" pour l'ami de la femme immolée
NOUVELOBS.COM | 20.10.2008 | 09:50

Après l'immolation de son amie qui voulait dénoncer sa situation, un Arménien en situation irrégulière confie avoir l'impression d'être en plein cauchemar.

Très abattu, le clandestin arménien Henrik Orujyan, compagnon de la femme qui s'est immolée samedi matin devant la prison du Mans dans laquelle il était détenu pour empêcher son expulsion, a déclaré dimanche 19 octobre à l'AFP : "C'est encore l'avion qui m'attend. Tout est foutu. Je vais finir par la rejoindre. J'ai l'impression de vivre un mauvais rêve". Il venait d'apprendre le décès de son amie. Il a déclaré avoir passé la nuit à ramasser les restes calcinés des vêtements de Josiane Nardi, 60 ans. "Quand je suis sorti de prison, j'ai cherché son regard mais je n'ai vu que des policiers et des pompiers. Josiane n'avait jamais cessé de venir me voir au parloir", a-t-il poursuivi.

"Pas de processus concret d'éloignement"

Henrik Orujyan avait rencontré Josiane en 2005. Il purgeait au Mans deux peines d'emprisonnement de 6 et 9 mois pour faits de violence avec arme, et violence sur sa concubine, selon la préfecture de la Sarthe. Condamné en 2002 et en 2005 par le tribunal de grande instance de Bobigny à une interdiction judiciaire du territoire français, il devait être transféré samedi au centre de rétention administrative (CRA) de Rennes avant son expulsion vers l'Arménie où résident son épouse et son fils de 8 ans, précise-t-on de même source. Il a été, depuis, assigné à résidence au Mans. "Pour le moment, il n'y a pas de processus concret d'éloignement", précise la préfecture. Il vit depuis samedi chez des amis arméniens qui l'ont recueilli.

Geste désespéré

Sa compagne s'est aspergée d'essence avant de s'immoler samedi matin devant la prison du Mans, dans un geste désespéré de protestation face à sa situation de clandestin. Les journalistes qu'elle avait convoqués ont tenté de la sauver sans résultat. Elle a été transférée dans un état grave au service des grands brûlés de Tours, où elle est décédée dimanche matin des suites de ses brûlures.

Son geste a provoqué une polémique, dimanche, sur la politique gouvernementale en matière d'immigration clandestine.


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