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International : Réfléchir aux barrières raciales suite à l'élection d'Obama

 
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MessagePosté le: Ven 21 Nov - 01:38 (2008)    Sujet du message: International : Réfléchir aux barrières raciales suite à l'élection d'Obama Répondre en citant

Dans Newsweek : Réfléchir aux barrières raciales
NOUVELOBS.COM - 20.11.2008
 

Cet article, qui revient notamment sur les espoirs suscités dans de nombreux pays par l'élection de Barack Obama, susceptible de faire tomber certaines barrières raciales, a été publié dans l'hebdomadaire Newsweek à paraître le 25 novembre sous le titre Reflecting on Race Barriers.
 

La percée d’Obama est à l’origine d’une course mondiale pour capitaliser sur cette victoire et en construire d’autres.

Cette semaine, en Galilée, ils vont abattre des moutons en l’honneur d’un homme que les Bédouins locaux appellent aujourd’hui leur cousin : le président élu Barack Obama. Le cheik d’un minuscule village non loin de la ville israélienne de Nazareth dit que sa mère se souvient d’un homme africain qui s’est allié au clan par le mariage, il y a quelque 80 ans. La preuve de cette parenté est à peine démontrée, c’est le moins que l’on puisse dire. Abdul Rahman Cheik Abdullah, 53 ans, a raconté à Newsweek que ses défunts cousins se tenaient comme Obama, avaient les mêmes gestes qu’Obama, le même sourire qu’Obama. "Son sourire est typique de notre tribu", déclare le cheik. "Il démontre de la douceur et de la gentillesse, mais aussi de la fermeté". Mais le cheik dit qu’il n’attend pas grand-chose de la part du nouveau président : un peu de reconnaissance, une invitation à la Maison Blanche, et, ah oui, qu’Obama défende les droits des Bédouins en Israël et dans le monde. "Obama n’abandonnera pas sa famille", dit le cheik, d’un air assuré.

Alors que quelques uns vont jusqu’à revendiquer des liens de sang avec Obama sur la base de son sourire, ces dernières semaines ont vu toutes sortes de personnes, des opprimés, des puissants, des opportunistes, se saisir de l’Obama mystique, comme ils l’imaginent. En faisant cela, ils révèlent davantage sur leurs propres sociétés, leurs frustrations, et particulièrement leurs problèmes avec le racisme et les tensions ethniques, qu’ils ne renseignent sur le nouveau président des États-Unis.

En Allemagne, un homme politique d’origine turque, vient de prendre la tête du parti des Verts. En Nouvelle-Zélande, la minorité maori pensait qu’elle allait vivre un "moment Obama" au début du mois quand elle s’est retrouvée en train de jouer un rôle central au Parlement. Le président bolivien Evo Morales, qui incarne la colère aussi bien que les aspirations des paysans indigènes de son pays, est aujourd’hui considéré par ses supporters comme le Barack Obama de l’Amérique du Sud. La femme qui dirige le parti des Dalits, les "intouchables", en Inde, a été surnommée par Reuters "l’Obama indienne". Peu importe que Kumari Mayawati soit devenue une candidate légitime pour devenir la première Premier ministre intouchable en exploitant des antagonismes entre les castes, sans les transcender.

L’utilisation et les abus qui sont faits de la métaphore Obama pour décrire le changement racial et social se sont soudainement tellement développés qu’il se pourrait qu’elle devienne un verbe. David Cameron, le chef du parti conservateur britannique, et le Premier ministre Gordon Brown se sont disputé pour savoir qui d’entre eux étaient le plus à même d’"obamer" le Royaume-Uni : Cameron en s’emparant du slogan de changement ou Brown en épousant le libéralisme. En France, le Président Nicolas Sarkozy, le fils de droite d’un immigré aristocrate hongrois, s’est ouvertement comparé à l’Américain, le fils d’un père kenyan.

"Que Dieu nous garde de l’Obamismo, cette nouvelle religion qui a envahi nos temples terrestres, avec une telle exaltation qu’elle menace de devenir un fléau cosmique", écrit l’éditorialiste Pilar Rahola dans le quotidien de Barcelone La Vanguardia, tournant en ridicule Obama avec une certaine ironie et en le décrivant comme une "sorte de messie". L’éditorialiste israélien Sever Plocker, l’a surnommé "M.Univers" : l’homme qui représente tout pour tout le monde, et que le monde entier voudrait comme leader.
Néanmoins, malgré l’euphorie et les excès, il est de plus en plus évident qu’Obama est en réalité, le produit unique d’un moment unique dans l’histoire de l’Amérique, un personnage presque impossible à copier, ou même à imiter dans un autre pays. Aux États-Unis même, il a fallu la conjonction de la pire crise et peut-être la campagne la mieux organisée du siècle pour briser la barrière du racisme, et des générations d’Américains grandiront avant qu’un autre noir, un Hispanique ou un Juif ne soit de nouveau élu président.

L’exemple d’Obama montre aux autres pays jusqu’où ils doivent aller pour résoudre leurs fossés raciaux et ethniques. Et de nombreux politiciens et activistes appartenant aux minorités espèrent pouvoir exploiter l’intense attention des médias pour mettre en avant leurs propres causes et candidatures en mettant en évidence le contraste avec les élites sclérosées de leur propre pays. Comme Obama, ils sont nombreux à avoir été animateurs sociaux, et comme Obama, ils sont nombreux à avoir peu d’illusions sur ce qui est nécessaire pour persuader non seulement l’ancienne garde de les écouter, pour la remplacer. "L’un des premiers effets Obama est de faire apparaître la classe politique française désuète, malgré les tentatives de cette classe politique pour se donner une image de fervents supporters d’Obama pendant la campagne américaine", explique Dominique Sopo, le président de SOS Racisme. Alors que la victoire d’Obama est encourageante, parce qu’elle montre que "la voix est ouverte, donc nous avons raison de nous battre dans ce sens," poursuit Sopo, "la route sera néanmoins longue."

Plus tôt ce mois-ci, Trevor Philips, le président noir de la commission sur l’égalité britannique et les droits de l’homme, a exprimé publiquement ses inquiétudes concernant les difficultés pour un Obama britannique de devenir Premier ministre. "Si [il] vivait ici, je serais très surpris que quelqu’un d’aussi brillant que lui soit capable de se frayer un passage à travers l’étau institutionnel autour du pouvoir au sein du parti Labour," déclare Philips dans un entretien pour un journal. "Les partis et les syndicats et les groupes de réflexion sont tous très contents d’adhérer à l’idée générale de faire avancer la cause des minorités, mais en pratique, ils aimeraient que ce soit quelqu’un d’autre qui fasse le boulot. C’est du racisme institutionnel."

En réalité, le racisme sévit dans presque tous les pays d’Europe, mais à leur façon. En Grande-Bretagne par exemple, les mesures politiques instituées par des gouvernements bien-pensants dans les années 1960 étaient censées encourager le multiculturalisme, mais elles n’ont fait que renforcer les communautés ethniques insulaires, et un certain débat intérieur après qu’un jeune homme de ces quartiers a perpétré un attentat suicide dans le métro londonien en 2005. Dans la France résolument républicaine et statistiquement daltonienne, une tentative du ministre de l’immigration de Sarkozy pour finalement autoriser les renseignements sur les origines ethniques, religieuses ou raciales fut annulée pour cause de non-conformité à la constitution. En conséquence, les progrès, ou le manque de progrès, sont difficiles à mesurer pour le gouvernement, mais beaucoup moins difficiles à promouvoir. En revanche, en termes pratiques, la discrimination est ordinaire envers les gens qui portent des noms à consonance arabe, et même envers les gens qui vivent dans quartiers où les codes postaux sont identifiés comme ceux des zones où vivent les communautés immigrantes. Le résultat, c’est que Patrick Lozès, président du CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France), fait référence à la "double invisibilité" des minorités. En Allemagne, jusqu’en 1990, il était impossible pour les travailleurs turcs et leurs descendants de demander la nationalité allemande, encore moins d’être fonctionnaires, et aujourd’hui encore, de nombreux Allemands ont du mal à considérer comme leurs compatriotes des gens qui ont des origines turques.

La violente remarque du Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, au début du mois, disant qu’Obama était "jeune, beau et bronzé", aurait pu passer pour rien de plus qu’un peu de mauvais goût si on ne connaissait pas les états de services du gouvernement de Berlusconi dans d’autres domaines. Au cours des derniers mois, ce gouvernement a mis en place une campagne concertée pour faire sortir du pays les Roms (ou, plus vulgairement, les Gitans). Les enfants ont été obligés d’être vacciné et leurs empreintes ont été prises. 10% de la population des Roms a dû quitter le pays dans les dernières années. Et certains Italiens vont même encore plus loin. La semaine dernière, plusieurs pages ouvertement racistes ont été retirées de Facebook. L’une d’entre elles, appelée "Brûlons-les tous", comptait 300 membres. Une autre laissait entendre qu’une utilisation pratique des Gitans serait en tant que "testeurs de chambres à gaz."

Dans un tel environnement, alors même que les gens se réjouissent du phénomène Obama de loin, il n’est pas surprenant qu’ils aient du mal à l’imaginer se produire chez eux. "Obama est un bel homme, il a l’image parfaite pour l’Amérique," dit le propriétaire d’un kiosque à journaux de Rome. "Mais l’élection d’un président noir en Italie ne se produira jamais. Ni même l’élection d’un sicilien."

En Hongrie, en août dernier, à peu près au moment de l’investiture officielle d’Obama par les Démocrates, le quotidien économique Figyelo a effectué un sondage qui a montré que 50% des sondés voteraient pour Obama s’ils le pouvaient. Par contre, quand on leur demande s’ils voteraient pour un candidat en Hongrie qui n’aurait pas d’aïeux hongrois, seuls 45% répondent oui, et quand on leur demande s’ils voteraient pour un candidat rom, seuls 39% répondent oui.

Moins les "étrangers" sont théoriques et plus ils sont nombreux, plus les Européens ont tendance à dire qu’ils ne veulent pas d’eux pour diriger un gouvernement. En France, la plus grande minorité raciale ou ethnique est, de loin, la population arabo-musulmane d’Afrique du Nord. Un sondage publié au début du mois par le Journal du Dimanche montre que 80% des sondés pensent qu’ils pourraient voter pour un candidat noir dans une élection présidentielle. Quelque 72% disent qu’ils pourraient voter pour un asiatique, mais seulement 58% s’imaginent pouvoir voter pour quelqu’un d’origine maghrébine. Quand on leur demande s’ils pensent que l’un des membres de ces groupes a une chance d’être élu, seuls 25% pensent qu’un candidat nord-africain aurait une chance d’être élu.

"Les gens ont peur," explique Rachel Inegbedian, une jeune Algérienne qui a de la famille en France et qui étudie en Grande-Bretagne. "En Angleterre, les gens disent qu’ils ne pourraient pas élire un noir, et la situation est pire en France ! Il va falloir du temps pour que cela change."
En fait, les membres du gouvernement les plus importants issus des minorités raciales ou ethniques sont nommés et non élus. (Ils sont, à vrai dire, relativement peu nombreux aux postes clés du gouvernement américain aussi. Obama était le seul noir du Sénat américain.) En Grande-Bretagne, quelques membres de la Chambre des Lords sont d’origine antillaise ou asiatique. En France, Sarkozy a nommé trois femmes dans son gouvernement : la ministre de la Justice Rachida Dati, dont la famille vient d’Algérie et du Maroc, Fadela Amara, la secrétaire d’État à la politique de la ville, qui est d’origine berbère algérienne, et Rama Yade, née au Sénégal et jeune secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des affaires étrangères et des droits de l’Homme. Comme l’a récemment dit le président du CRAN, "trois hirondelles ne font pas le printemps."

Mais, il existe des surprises. La semaine dernière, en Allemagne, Cem Ozdemir, le fils d’immigrants turcs musulmans, âgé de 42 ans, a été élu à la tête du puissant parti des Verts. Il dit qu’il ne met jamais en avant ses origines dans ses campagnes politiques. Il fait attention à ne pas parler de la situation critique des immigrants ni des plus grandes difficultés de la classe ouvrière. Et il n’a pas eu besoin d’une Obamania pour arriver à là où il est arrivé. Mais parmi ses compatriotes allemands qui ont les mêmes origines, on retrouve le même enthousiasme. "Si vous voulez avoir quelqu’un capable de ramener de la passion en politique, il faut aller le chercher en dehors de nos cercles," dit le journaliste Mely Kiyak, auteur d’un livre sur la longue route que doivent faire les politiciens comme Ozdemir.

Les autres activistes d’Europe ne s’attendent pas vraiment à ce que l’accès d’enthousiasme qui a entouré l’élection américaine les porte très loin. Ce qui ne les empêche pas d’espérer : "Pour la première fois de l’histoire occidentale, nous avons ressenti une sorte de tremblement, la possibilité d’un changement vers une société post-raciale," dit Sopo.

Dans certaines parties du monde, en revanche, ce genre de dénouement n’est même pas envisageable. Les politiques comme Morales en Bolivie, ou Mayawati en Inde, ont construit leur pouvoir en jouant sur les ressentiments ethniques et les divisions entre castes. Ils sont peut-être décrits comme des "Obamas" par la presse ou même par leurs sympathisants, mais leur approche de la prise du pouvoir ne va guère plus loin que les efforts étudiés du président élu de rassembler les gens, de construire la coopération, et élaborer difficilement des compromis.

Entre temps, dans son petit village près de Nazareth, le cheik Abdullah continue de recevoir les félicitations d’autres chefs de tribus et du public alors qu’il attend un coup de fil de l’équipe de transition de la Maison blanche qui ne viendra peut-être jamais. Ils devraient le croire, dit-il. "Les gens ici ont confiance en nous," dit-il. "Ma famille a bonne réputation et nous sommes connus pour avoir réconcilier de vieux ennemis plusieurs fois." Peut-être qu’avec le sourire, c’est un autre lien qu’Obama partage avec la tribu d’Abdullah.

Par Christopher Dickey

[Avec Tracy Mcnicoll, Ginny Power et Clare Premo à Paris, Joanna Chen à Jérusalem, William Underhill à Londres et Barbie Nadeau à Rome]

Traduction de l'américain par Nadia Bensmail
 


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MessagePosté le: Ven 21 Nov - 01:38 (2008)    Sujet du message: Publicité

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