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Cohésion sociale, intégration et immigration en Guyane - 2007

 
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MessagePosté le: Dim 4 Mai - 17:10 (2008)    Sujet du message: Cohésion sociale, intégration et immigration en Guyane - 2007 Répondre en citant

Cohésion sociale, intégration et immigration en Guyane :
du diagnostic aux enjeux, des enjeux à l’action - 2007

Auteur : Arlindo Dos Santos dossantos.arlindo@gmail.com
06 mars 2007
http://www.blada.com/data/file/071pdf/arlindo0307.pdf


Citation:


Si l’on commence par analyser la cohésion sociale et l’intégration avant d’aborder l’immigration, les perspectives changent du tout a au tout.



Citation:


"le groupe créole s’est désormais ethnicisé et a fermé le modèle de créolisation qui avait assuré la cohésion sociale au début du siècle (alors que la population comptait 50% d’étrangers), paradoxalement au moment où le thème de la guyanité montait en puissance"



Citation:


Immigration et intégration en Guyane :

La question de l’immigration et de l’intégration (qui s’applique à l’ensemble de la population mais qui prend un relief particulier s’agissant de l’intégration des populations étrangères) est un phénomène très complexe en Guyane.

Tout dépend en effet de quel point de vue on se place : 

Si l’on prend le point de vue des populations autochtones (les amérindiens), l’immigration en Guyane remonte au « contact ». Et le moins qu’on puisse dire est que celle-ci fut entièrement négative. On sait que les amérindiens étaient 30000 en Guyane « française » au moment du « contact ». Ils seraient aujourd’hui moins de 10000…

Si l’on prend le point de vue « colonial métropolitain », le peuplement de la Guyane aura toujours été marqué par l’échec.    

Si l’on prend le point de vue de la minorité dominante, le groupe « créole guyanais », la situation récente (depuis les « grands chantiers du spatial » ) aura été marquée par le passage du statut de « majorité dominée » (avant la décentralisation) à celui de «minorité dominante » (Jolivet).    

En réalité, d’un point de vue historique et sociologique, trois éléments-clé sont à prendre en compte. La ruée vers l’or de la deuxième moitié du XIXème siècle, puis la décentralisation et surtout la bonification du traitement des fonctionnaires dans la deuxième moitié du XXème siècle et enfin l’immigration et le changement de perspective socio-politique du groupe créole des années 1970-80 à nos jours.    

Sur le premier point, la ruée vers l’or a entraîné une individualisation très forte du groupe créole (à l’opposé du « mayouri » issu du contre-modèle de la petite habitation –voir Jolivet) et déstabilisé les équilibres démographiques hommes/femmes entre le littoral et l’intérieur.    

Sur le second point, si la départementalisation a initié le « réveil démographique » (Mam-Lam-Fouck), la bonification des traitements des fonctionnaires locaux a spécialisé le groupe créole dans l’administration, le rendant dépendant de l’immigration.

Sur le troisième point, l’immigration puis la décentralisation ont entraîné le changement socio-politique. D’une part, le groupe créole s’est désormais ethnicisé et a fermé le modèle de créolisation qui avait assuré la cohésion sociale au début du siècle (alors que la population comptait 50% d’étrangers), paradoxalement au moment où le thème de la guyanité montait en puissance. Le groupe créole établissant alors une filiation imaginée avec l’Afrique et les populations dites « autochtones » (en incluant les bushinengues) pour mettre à distance les immigrants principalement et les européens secondairement (Jolivet).    

Si l’on prend le point de vue des immigrés en situation régulière, la Guyane représente une forte opportunité d’ascension sociale, tempérée par les conditions d’accueil et les très fortes discriminations dans l’accès au droit (différentes selon les communautés et les espaces).    

Si l’on prend enfin le point de vue de l’immigration irrégulière, il nous faut distinguer les populations aspirant à l’intégration, qui cristallisent les points de vue du groupe des immigrés réguliers des populations clandestines prédatrices, qui effectuent le plus souvent des allerretours  entre la Guyane et leur pays d’origine (Guyana, Brésil, Suriname). On notera que l’immigration clandestine haïtienne n’est pas criminogène.



Quelle immigration ?

Les dernières estimations de l’INSEE enregistrent une forte poussée de l’immigration brésilienne (en incluant semble-t-il une large part des clandestins), portant la communauté brésilienne au même rang que la communauté haïtienne et la population totale à 210 000 personnes.

Au-delà de l’attractivité du territoire le plus riche d’Amérique du Sud, et de sa proximité avec les plus pauvres (Haïti, Guyana), la plus grande part des immigrés s’est installée en Guyane pour des motifs plus politiques qu’économiques : PPDS (Personnes Provisoirement    

Déplacées du Suriname) entre 1982 et 1992 (avec un pic entre 1985 et 1988), forte crise politique en Haïti correspondant à une vague migratoire entre 1975 et 1985 avant le regroupement familial (entre 1987 et 1997) qui a engendré une forte féminisation de l’immigration haïtienne.    

Pour les surinamais, il s’agit essentiellement d’une population noire-marronne non sensible dans ses pratiques semi-nomades à la question de la frontière nationale que représente le Maroni : alukus et ndjukas (principalement) traversent régulièrement le fleuve en engendrant une forte dynamique économique informelle (voir principalement les travaux de M. Toulemonde et secondairement ceux de C. Réginensi).    

Paradoxalement, les étrangers (surinamais, haïtiens) viennent donc chercher la sécurité en premier lieu (60%), puis en second lieu la prospérité en regard de la misère économique de leurs pays d’origine (Brésil, Guyana – 23% - 51% si l’on ajoute Haïti), alors qu’il sont de plus en plus perçus comme des délinquants ou des « profiteurs » du système de protection sociale (seuls les réguliers peuvent y prétendre). Ce décalage attire justement l’attention sur les conditions d’intégration des groupes d’étrangers (non-délinquants) en situation régulière.    

La fécondité exceptionnelle (3,9 enfants par femme) de la Guyane (une des plus importantes de la zone géographique Amérique du Sud – Caraïbe) est due pour moitié aux 3 principaux groupes étrangers : le taux de fécondité atteint 6,7 pour les surinamaises, 4,6 pour les haïtiennes, 3,8 pour les brésiliennes (soit le taux moyen) contre 2,9 pour les françaises.    

L’exogamie concerne ¼ des naissances en Guyane, avec un parent français et un parent étranger. L’accroissement naturel de la population est trois plus important que celui dû au solde migratoire (hors populations clandestines, là encore plus fécondes que les familles françaises).    



Citation:


Plus de 75% des immigrés sont donc constitués par trois groupes en 1999 : les surinamais (33%), les haïtiens (28%) et les brésiliens (17%). 90% des immigrés sont d’origine américaine (y compris l’espace Caraïbe – voir illustration plus bas). Le caractère récent de ces vagues migratoires explique assez largement la faible proportion de français par acquisition (qui reste stable, autour de 10%) sur l’ensemble de période 1974-1999 (à la notable exception des Sainte-Luciens, dont l’immigration est ancienne).    

Les trois groupes principaux sont concentrés en fonction des trois espaces guyanais (Ouest, Centre littoral et Est – voir illustration plus bas), avec une forte dominante dans les milieux urbanisés (l’immense majorité de la population est située dans l’étroite bande littorale).    

L’agglomération de Cayenne compte à elle-seule la moitié des étrangers (expliquant pour partie l’explosion des bidonvilles – nous y reviendrons), Saint-Laurent et Kourou respectivement 14% et 13% (1999). Mais les proportions diffèrent : Kourou accueillant plus d’immigrés en proportion que Cayenne.    

Les surinamais et les brésiliens constituent les proportions dominantes d’immigrés dans leurs espaces frontaliers, tandis que les haïtiens représentent près de la moitié des immigrés du centre littoral. Sur les 7000 brésiliens que compte officiellement la Guyane, 5000 sont concentrés dans le centre littoral ainsi que la quasi totalité des haïtiens (10000 pour près de 11000), mais seulement un peu plus d’1/3 des surinamais (4000 sur 14000).    

Plus de 80% des immigrés n’ont aucun diplôme (sans distinction de sexe) contre un peu plus de 50% des guyanais, alors même que le niveau de formation est faible en Guyane : on compte à peine 1000 diplômés de l’enseignement supérieur en 1999. Les femmes brésiliennes sont plus diplômées que les brésiliens (7% ont le bac contre 3%). Mais dans l’ensemble, on n’observe pas de fortes disparités selon les communautés d’origine.    

Au fil des recensements, le niveau de formation s’améliore, mais lentement. Le taux de scolarisation des enfants immigrés de moins de 25 ans est inférieur de 11% par rapport à la population totale, avec une forte sur-représentation des enfants surinamais non scolarisés : moins de 43% fréquentent l’école alors qu’ils représentent la moitié de la tranche d’âge ! A l’inverse, les enfants haïtiens sont les plus scolarisés (72%). L’écart est plus faible (3%) pour la scolarité obligatoire (6 à 16 ans), mais seulement 63% des surinamais sont concernés !    

Les filles sont sensiblement moins scolarisées que les garçons : 65% des moins de 25 ans contre 69%, à l’inverse de l’ensemble de la population régionale, où les filles l’emportent sur les garçons (79% contre 77%).    

D’un point de vue familial, 80% des immigrés vivent en 1999 au sein d’une famille (enfants, parents ou parent isolé). La proportion des femmes immigrées entre 15 et 50 ans vivant en couple est plus forte que pour la population féminine totale (57% contre 48%). Les hommes   immigrés représentent plus de personnes seules (45% - mais la famille peut être restée au pays). Parmi les immigrés vivant en couple, 25% sont en union avec un non immigré, cette proportion étant surtout due aux femmes plus qu’aux hommes (respectivement 30% contre 14%).    

La proportion des familles monoparentales est plus faible que pour la population (25% contre 32%). Le chef de famille est le plus souvent une femme (85%), pour les immigrés comme pour l’ensemble de la population. Cette situation de monoparentalité se chiffre à 17% pour les groupes surinamais comme haïtiens et 14% pour les brésiliens. 13% seulement des femmes immigrées vivent hors famille contre 29% des hommes.    

On se rend compte à ce point que les projections démographiques se situent largement dans un cadre noir-marron à l’Ouest (en ajoutant à la fécondité « l’homogénéité ethno-culturelle » des noirs-marrons surinamais et des français). De ce point de vue, la revendication de la bidépartementalisation portée par le maire de Saint-Laurent anticiperait une forme de dualisation « ethnique » de la Guyane.    

L’autre aspect étant le dynamisme du groupe haïtien principalement et du groupe brésilien secondairement dans le centre littoral, sachant que ce sont ces groupes qui comptent probablement le plus fort taux d’immigrés clandestins (même si une part supposée prépondérante de ces derniers – mais non quantifiée – effectue des allers-retours avec les états voisins du Para et d’Amapa).

Tous les enfants nés en Guyane issus des communautés haïtiennes et brésiliennes seront-ils pour autant considérés comme des guyanais, même si eux se considèrent comme tels ?



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MessagePosté le: Dim 4 Mai - 17:10 (2008)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Sam 20 Nov - 11:31 (2010)    Sujet du message: Cohésion sociale, intégration et immigration en Guyane - 2007 Répondre en citant

Citation:


Fin d’une trêve de la chasse aux Haïtiens sans papiers en Guyane !
HNS info
19 novembre 2010
http://www.hns-info.net/spip.php?article26840

Neuf mois après le séisme, en Guyane, les interpellations d’Haïtiens sans papiers reprennent et l’État français ordonne à nouveau leur éloignement.

Alors qu’Haïti demeure dans une situation critique, l’ État français brandit cyniquement des obligations à quitter le territoire français et des arrêtés de reconduite à la frontière aux Haïtiens installés en France, et pour beaucoup d’entre eux dans les départements français d’Amérique (DFA). Le ministre de l’immigration s’était pourtant engagé à suspendre le retour forcé des Haïtiens à deux reprises, en janvier et juin 2010.

Dans le même temps, la France a continué à opposer des exigences irréalisables en terme d’état civil privant des Haïtiens de France de leur droit à y résider et à être rejoints par des proches bloqués en Haïti par l’attente d’un visa alors que leur survie y est menacée.

En Guyane, où l’immigration haïtienne est particulièrement importante (27% de la population immigrée [INSEE 2009]), le séisme a touché de nombreuses familles. Depuis janvier 2010, la Préfecture de la Guyane n’avait délivré aucune obligation à quitter le territoire aux Haïtiens pour honorer le communiqué ministériel qui suspendait l’exécution des mesures d’éloignement des personnes en situation irrégulière. La délivrance récente d’obligations à quitter le territoire et la reprise des interpellations d’Haïtiens en Guyane nous inquiète au plus haut point.
Ainsi, un jeune Haïtien, père d’une enfant française en Guyane n’a pas pu convaincre la préfecture qu’il contribue assez à son éducation pour bénéficier d’une carte de séjour. Il risque donc d’être séparé de sa fille et reconduit de force vers un pays dévasté.

Un autre Haïtien a été interpellé et il lui a été remis un arrêté de reconduite à la frontière. La police aux frontières l’a relâché après quelques heures mais il reste sous le coup de cette mesure d’éloignement exécutable à tout instant.

La reconstruction d’Haïti n’est aujourd’hui encore qu’un vain mot. La région métropolitaine de Port au Prince, garde le visage d’un espace meurtri et détruit : des tas de gravats, des ferrailles, des immeubles ravagés, des maisons écroulées jonchent toujours les rues de la capitale et des camps sont installés sur chaque espace public (Champ de Mars, Place Saint Pierre…). A ce chaos indicible s’ajoute un retour vers les zones des camps de nombreuses personnes qui avaient fui la zone de Port au Prince ; des sociologues haïtiens ont mesuré jusqu’à 1 200 arrivées par jour dans la zone de camp Corail. L’épidémie de choléra, survenue récemment, ne cesse de s’aggraver. L’expulsion par la France d’Haïtiens dans leur pays d’origine serait un véritable déni des bouleversements liés au séisme. Ces retours violent par ailleurs l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme qui interdit d’exposer quiconque à des "traitement dégradants et inhumains".

Nos associations dénoncent l’inhumanité de l’administration française à l’égard des Haïtiens qu’aggravent encore la reprise des interpellations et les nouvelles obligations à quitter le territoire de la Guyane, aux antipodes de la solidarité affichée. Nos associations dénoncent l’inhumanité de l’administration française à l’égard des Haïtiens qu’aggravent encore la reprise des interpellations et les nouvelles obligations à quitter le territoire de la Guyane, aux antipodes de la solidarité affichée.



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