Franco-Etrangers Index du Forum

Franco-Etrangers
Vivre en France en famille

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 
Site Meter
Egalité des chances mais inégalités de départ : le piège où l'on enferre les familles étrangères et franco-étrangères populaires.

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Franco-Etrangers Index du Forum -> couples et familles binationales -> A la Une
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Admin


Hors ligne

Inscrit le: 24 Avr 2008
Messages: 1 580

MessagePosté le: Mar 1 Déc - 18:19 (2009)    Sujet du message: Egalité des chances mais inégalités de départ : le piège où l'on enferre les familles étrangères et franco-étrangères populaires. Répondre en citant

Egalité des chances mais inégalités de départ : le piège où l'on enferre les familles étrangères et franco-étrangères populaires.

Citation:


Un article intéressant et engagé de François Dubet, présentant sur une pleine page du Monde le mythe et les dangers de la méritocratie à la française, dont se réclame à pleins poumons l'actuel gouvernement.

Un article conçu comme l'épine dorsale de la riposte socialiste sur la thématique de l'éducation face au débat sur l'identité nationale promu par l'équipe Sarkozy.

Ls familles étrangères et franco-étrangères populaires, les plus piégées à la fois par ce débat sur l'identité nationale et par les inégalités scolaires, pourraient ajouter à ce texte le paradoxe où Nicolas Sarkozy enferre la France :

Dissuader la natalité de nos familles, le seul poste vigoureux de la démographie française mais dont on ne veut plus, par la fabrication de conditions de vie plus difficiles et plus précaires, et alors même que l'on crée au contraire des conditions d'acueil beaucoup plus favorables et bienveillantes aux familles de la future immigration qualifiée, se traduit mécaniquement pour nos enfants par un renforcement des inégalités de départ avant même l'entrée à l'école, qui se répercute par la suite sur toute la scolarité puis dans les orientations de la vie.

Porter l'accent sur le renforcement des ZEP, un meilleur accompagnement scolaire ou les écoles de la deuxième chance pour nos enfants est une posture nécessaire mais biaisée car elle ne fait que tenter de rattraper des inégalités artificiellement fabriquées en amont.

Pas d'accès au logement social durant deux ans, réduction du congé parental combiné avec la pénurie d'accès aux crêches et aux maternelles qui touche principalement nos enfants, obligation de travailler sous peine de se voir refuser les droits sociaux tel que cela se prépare à partir de Bruxelles pour les étrangers non communautaires et donc pour nos conjoints, autant de marqueurs incontestables de cette fabrication d'inégalités en amont qui, pour citer l'article de Dubet, "augmente la distance à parcourir pour ceux qui montent."

"On finit par oublier ce fait élémentaire : plus les inégalités entre les positions sociales sont fortes, moins il est possible de réaliser l'égalité des chances, car la distance à parcourir par ceux qui montent est grande alors que ceux qui risquent de descendre ont trop à perdre pour ne pas tricher".


Toute la politique de dissuasion, d'entrave et de ségrégation qui est mise en place par l'actuel gouvernement contre les familles franco-étrangères, principal poste de l'immigration et désormais considéré trop grand pourvoyeur de naissances, doit être qualifiée pour ce qu'elle est : une tricherie pour que ceux d'en haut et leurs enfants y restent et qu'ils s'adjoignent les services des familles de l'immigration qualifiée pour s'y maintenir.




Les pièges de l'égalité des chances,
Point de vue, par François Dubet
Le Monde
30 novembre 2009
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/11/30/les-pieges-de-l-egalite-des-chances-par-francois-dubet_1274042_3232.html

Citation:


Rien de plus juste, en apparence, que le principe de la méritocratie à l'école. En fait, ce système ne fait que perpétuer la rigidité et l'inégalité de la société.

Dans les sociétés démocratiques, la reconnaissance des talents et des mérites individuels ne devrait pas dépendre de l'hérédité sociale et des hasards de la naissance. Il n'est pas acceptable que, pour l'essentiel, les futures élites soient issues des élites et que les jeunes voués aux emplois les plus pénibles et les moins bien payés naissent dans les classes les moins favorisées.

Cela nous choque d'autant plus que la massification scolaire, en ouvrant les études longues au plus grand nombre, n'a guère changé les choses ; 50 % des enfants de cadres et 5 % des enfants d'ouvriers accèdent aujourd'hui aux classes préparatoires (La Démocratisation de l'enseignement, Pierre Merle, La Découverte, 2002). L'affirmation vigoureuse de l'égalité des chances et du mérite apparaît alors comme la seule manière de construire une société plus juste.

Au nom de ces convictions, il va de soi qu'il faut se battre de toutes nos forces contre les mille discriminations qui empêchent les filles, les enfants des classes populaires et ceux des minorités visibles de faire valoir leur mérite au même titre que les autres. Nous devons donc soutenir tous les dispositifs qui, à l'Institut d'études politiques (IEP) et dans les grands lycées parisiens, visent à réaliser l'égalité des chances en permettant aux élèves des quartiers et des établissements défavorisés d'accéder aux meilleures formations dès lors qu'ils ont assez de mérite pour prétendre y réussir. C'est là l'image de la justice sociale qui s'est imposée aujourd'hui, à droite et à gauche, et, sauf à défendre l'héritage des conditions sociales, il n'y a pas à s'y opposer.

Mais le fait qu'un principe de justice soit excellent ne signifie pas qu'il n'entraîne pas, à son tour, d'autres injustices. Le consensus actuel sur l'égalité des chances méritocratiques ne doit pas nous aveugler sur les conséquences de sa mise en oeuvre.

Les politiques de l'égalité des chances qui se développent depuis quelques années ont les yeux rivés sur les élites. Si nous sommes indignés par la faible part des enfants de travailleurs et des enfants issus des minorités discriminées parmi les élèves des classes préparatoires et des grandes écoles, nous le sommes beaucoup moins par leur surreprésentation dans les filières scolaires les moins valorisées leur promettant les emplois les plus précaires, les plus mal payés et les plus pénibles : près de 80 % des élèves en CAP sont d'origine populaire. Nous sommes plus sensibles à la diversité dans les grandes écoles que dans la grande distribution et les travaux publics. Autrement dit, nous faisons comme si l'accès de minorités sociales et culturelles méritantes à l'élite allait changer l'ordre des choses. On le croit même si fortement que nos dirigeants ont pu affirmer que l'accès aux grandes écoles de quelques jeunes venus des quartiers défavorisés finirait pas régler la question sociale.

Or ce tropisme élitiste repose sur une illusion statistique : les élèves défavorisés et méritant d'être aidés par des dispositifs spéciaux se comptent, au mieux, par centaines, alors que les autres se comptent par centaines de milliers. Ce n'est pas critiquer les dispositifs spéciaux d'accès aux classes préparatoires que de rappeler qu'ils touchent quelques centaines d'individus pendant que 150 000 élèves quittent l'école sans aucune qualification. Ce déséquilibre résulte du modèle même de l'égalité des chances méritocratiques dans lequel les inégalités entre les positions sociales sont moins en cause que l'équité des conditions de l'accès à ces inégalités.

Pire, on ne voit pas pourquoi ceux qui ont échoué dans la compétition de l'égalité des chances pourraient se plaindre, dès lors que la compétition elle-même est équitable. En clair, la méritocratie est une morale de vainqueur considérant que les vaincus méritent leur sort quand la compétition a été juste et équitable. La fixation sur les élites n'est pas une perversion du modèle méritocratique, elle lui est consubstantielle puisqu'elle vise à produire des inégalités justes, des inégalités qui seraient méritées par les vainqueurs et par les vaincus, les uns et les autres ne devant leur destin qu'à eux-mêmes.

La justice faite aux individus au nom de l'égalité des chances se transforme parfois en injustice collective. Nous le savons déjà avec les effets de la dérégulation de la carte scolaire, qui creuse les écarts entre les établissements. Cette justice-là dégrade mécaniquement la position et la qualité des établissements voués à n'accueillir que les moins méritants qui sont aussi les moins favorisés socialement. A terme, si l'égalité des chances augmente, l'inégalité des conditions d'éducation augmente elle aussi.

Quand on raisonne à l'échelle des quartiers difficiles, c'est bien pire. Imaginons que, demain, 10 % des jeunes de ces quartiers accèdent aux meilleures formations, ce qui serait parfaitement juste, ils quitteront ces quartiers qui, privés de leurs qualités et de leur dynamisme, s'enfonceront dans une situation bien plus dégradée encore. Les ghettos seront de plus en plus des ghettos, les vaincus seront d'autant plus amers et révoltés qu'ils seront blâmés de ne pas avoir saisi leur chance. On doit bien constater que les pays qui ont le plus résolument choisi ces politiques de discrimination positive sont parvenus à construire des nouvelles classes moyennes issues des catégories sociales les plus discriminées, tout en creusant les inégalités sociales.

Comme l'a montré le socioologue William Julius Wilson (The Truly Disadvantaged, Chicago University Press, 1987), une partie des Noirs américains a accédé aux classes moyennes, ce qui est bien, mais la condition des ghettos noirs s'est sensiblement dégradée, ce qui l'est moins. On sait aussi que la part des femmes dans les élites s'est élevée sans que la situation moyenne des femmes dans le monde du travail se soit améliorée de façon parallèle : quelques filles accèdent à l'Ecole polytechnique, mais 61 % des emplois peu qualifiés et 82 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes.

L'attachement exclusif au modèle de la méritocratie scolaire affecte la fonction de l'école elle-même. Plus nous pensons que l'école est seule capable de définir le mérite et l'efficience professionnelle des individus, plus nous croyons qu'il est juste que le diplôme fixe le statut professionnel. Dieu sait si cette croyance est déjà forte en France, un pays qui croit plus dans les vertus professionnelles et civiques du boursier s'arrachant à son destin par ses vertus scolaires, que dans celles du self-made-man.

Or, plus les diplômes déterminent les parcours professionnels, plus ils ont une forte emprise, plus les élèves et leurs familles accentuent la compétition scolaire afin de creuser les petites différences scolaires qui feront les grandes différences sociales. Et plus l'école est perçue comme une compétition utilitariste continue, moins elle est égalitaire. En théorie, l'égalité des chances supposerait que les classes favorisées aient la courtoisie de demander à leurs enfants de laisser un peu de place aux nouveaux concurrents du mérite. Dans les faits, elles développent toutes les stratégies de distinction et toutes les manières de garder leurs avantages scolaires devenus indispensables à leur reproduction sociale.

Au bout du compte, on constate que plus les diplômes fixent les positions sociales et les revenus au nom de la méritocratie, plus la reproduction des inégalités sociales est forte : en France, où l'emprise des diplômes est élevée, 40 % du revenu des enfants est déterminé par celui des parents, alors que ce taux est de moins de 20 % en Suède, où le poids des diplômes est moins décisif.

Si l'on pense que l'école a pour vocation centrale de distinguer le mérite des élèves et si on croit que ce mérite est juste et décisif, la vie scolaire s'apparente à une vaste compétition distinguant progressivement les vainqueurs et les vaincus aux dépens des dimensions proprement culturelles de l'éducation. Les enquêtes internationales montrent que les systèmes scolaires qui adhèrent fortement à ce modèle sont aussi ceux dans lesquels les élèves ont le moins confiance en eux, sont les plus pessimistes et les moins confiants dans les institutions. De ce point de vue, la France est dans le peloton des pays les moins bien placés.

A terme, le parcours scolaire s'apparente à une longue compétition sportive dans laquelle on ne rejouerait pas les matchs, à une compétition cruelle parce que toute la vie en dépend. Dans ce cas, l'orientation négative, l'orientation par l'échec et la distance à la norme d'excellence méritocratique, devient la règle : on comprend que les élèves aient de moins en moins le moral et que beaucoup d'entre eux décrochent quand ils découvrent qu'ils sont engagés dans un jeu où ils sont sûrs de perdre. Comment ne pas voir aussi que ceux qui savent qu'ils perdront le match résistent à un sentiment d'humiliation diffus en retournant contre l'école la cruauté d'une conception de la justice sociale ?

Aujourd'hui, le modèle de l'égalité des chances méritocratique envahit presque totalement le débat scolaire. La critique ne cesse de mesurer l'écart entre cet idéal et les faits, pendant que les dirigeants justifient leur politique au nom de ce même idéal. On ne parle que des dispositifs de l'égalité des chances et que des mesures de soutien et de rattrapage étalonnés sur cette norme. Au bout du compte, tout le monde ou presque semble s'accommoder des inégalités entre les positions sociales et les formations scolaires tant que l'on croit que le mérite pourrait distribuer équitablement les individus dans l'échelle de ces inégalités. Plus personne ou presque ne parle de la vocation éducative et culturelle de l'école. La fascination pour l'égalité des chances, associée à la déploration continue de l'incivilité et du niveau des élèves, finit par tenir lieu de politique scolaire.

Si l'on ne peut contester frontalement un idéal de justice fondé sur l'égalité fondamentale des individus et sur leur droit à prétendre occuper toutes les positions sociales et professionnelles, il faut mesurer les conséquences d'un modèle devenu la référence ultime. Dans son principe même, l'égalité des chances méritocratiques ne limite en rien la formation d'inégalités scolaires et sociales, il ne crée aucune dette à l'égard des vaincus puisque ceux-ci n'ont pas de mérite. Et puis, savons-nous véritablement ce qu'est le mérite ? Il n'est pas impossible que le mérite ne soit qu'une fiction grâce à laquelle les inégalités des talents et de la naissance sont " blanchies" par l'école pour renaître comme les produits incontestables de la volonté et du courage. Il n'est pas certain non plus que les épreuves scolaires dégagent la totalité du mérite et que d'autres épreuves ne construiraient pas d'autres hiérarchies, ni plus ni moins justes.

Bien que l'égalité des chances soit incontestablement juste, elle ne produit pas fatalement une société meilleure et plus vivable. Il est plus facile de dégager une élite que d'améliorer le sort des perdants ; il est plus facile de distinguer quelques meilleurs que de promouvoir les plus faibles. Aujourd'hui, il semble plus aisé de promettre aux enfants d'ouvriers qu'ils échapperont à leur destin social, s'ils le méritent, que d'améliorer les conditions de vie et de travail des ouvriers.
Et plus les places sociales se font rares, plus on s'accommode des inégalités sociales du moment que le jeu des chaises musicales qui permet d'y accéder paraît équitable.

Mais dans ce cas, au nom de l'excellence de l'égalité des chances et du mérite, on finit par accepter de vivre dans une société de plus en plus dure et compétitive. On finit aussi par oublier ce fait élémentaire : plus les inégalités entre les positions sociales sont fortes, moins il est possible de réaliser l'égalité des chances, car la distance à parcourir par ceux qui montent est grande , alors que ceux qui risquent de descendre ont trop à perdre pour ne pas tricher .

Afin d'atténuer les effets négatifs du monopole de l'égalité des chances et du mérite, il nous faut donc affirmer résolument la priorité de la réduction des égalités entre les positions sociales afin que l'égalité des chances ne se retourne pas contre elle-même et ne soit pas qu'une idéologie, une simple manière de rendre légitimes les inégalités sociales.

A propos de l'auteur

François Dubet est directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et professeur à l'université Bordeaux-II. Après "La Galère" (Fayard, 1987), exploration de la marginalité juvénile, il n'a cessé d'interroger la question scolaire ("Les Lycéens", Seuil, 1991, "Faits d'école", EHESS, 2008). Défenseur du collège unique, ("L'Hypocrisie scolaire", avec Marie Duru-Bellat, Seuil, 2000), il s'est intéressé à l'évolution de notre modernité ("Le Travail des sociétés", Seuil, 348 p., 21 euros).




Citation:


Voir également :
http://multinational.leforum.eu/p1505.htm

A lire la circulaire organisant les points clefs du « débat » sur l’identité nationale, je suis frappé de constater d’une part qu’il s’agit essentiellement de présenter des décisions déjà prises (mis à part, peut-être, dans le domaine de l’accès à la nationalité où les discussions semblent continuer entre les partis sur le niveau de restriction à mettre en œuvre) et surtout de faire acter le partage de la France en deux sphères, le cercle large de la République où évolueront également les étrangers mais avec moins de droits ou plutôt des droits différenciés en fonction de leur niveau social, éducation, etc. face au noyau dur de la Nation, où l’égalité des droits, pour l’instant, ne semble pas remis en cause.

La discussion sur le curseur d’accès à la nationalité semble porter sur les enfants d’étranger tout autant que sur les conjoints étrangers de Français. Qui pourra devenir français et quelles familles « sans mérites » resteront et se reproduiront certes dans la République mais en dehors de la Nation ? Je n’ai pas connaissance de remise en cause de la nationalité française pour les enfants de couples mixtes mais à mon avis cela viendra et tout d’abord en supprimant le principe de la double nationalité. Ou bien 100% français, ou bien 100% étranger, il faudra choisir. Ce qui permettra un premier écrémage.

Le deal qui semble se jouer consiste à donner le droit de vote aux étrangers issus des anciennes colonies françaises pour faire passer la pilule aux banlieues de ne plus pouvoir obtenir la nationalité et pour obtenir des Français traditionnels, sinon leur accord, du moins éviter leur refus d’un élargissement du droit de vote. L’exécrable d’un tel accès au vote en fonction des origines géographiques et historiques étant la rupture d’égalité des chances pour nos enfants français dont le conjoint étranger n’est pas originaire d’un ancienne colonie.

Alors que l’arbitrage des Maires devient crucial en ces temps de pénurie économique qui s’annonce, tant dans le domaine de l’accès au logement, aux structures de la petite enfance, aux appuis divers, au renouvellement du titre de séjour ou à l’accès à la nationalité, etc. nos conjoints non européens et non originaires des anciennes colonies ne disposerons d’aucun droit de vote et nos enfants pourtant français, ne pesant que le seul vote du parent français, se verront passer devant par les enfants étrangers des ex-colonies dont les parents pèseront deux votes.

On objectera que le conjoint de Français peut toujours demander la naturalisation mais celle-ci ne viendra au mieux qu’après 4 à 5 ans, au pire ne viendra pas (les dispositifs permettant de la refuser se mettant en place) et je ne vois surtout pas en quoi il faudrait que nos conjoints étrangers doivent sacrifier leur nationalité d’origine pour tenter de redonner une égalité des chances à leurs enfants.

Quant à la citoyenneté européenne et aux droits à la libre installation qu’elle confère à nos familles, les exigences de mobilité qu’elle comporte comme la volonté gouvernementale d'en garder flous les contours afin de pouvoir refuser illégalement des dossiers me la font apparaître pour longtemps comme un prétexte à bonne conscience des promoteurs de la ségrégation si elle ne pose pas là encore le principe d’un accès de vote non seulement du citoyen européen mais également de sa famille d’où qu’elle vienne.

En attendant, s’il faut saucissonner nationalement l’accès au droit de vote par catégories, celui-ci doit alors d’abord être octroyé sur la base de la présence d’un enfant français, de par l’impératif non négociable de l’égalité des chances pour ces enfants, et non pas sur la catégorisation raciste d’une origine géographique et historique.

Cette dérive vers un communautarisme artificiellement fabriqué par les élites m’apparaît moins prendre acte d’un « échec » du modèle français d’intégration respectant une égalité aussi formelle soit-elle, mais davantage relever d’une volonté de diviser pour régner, enfermant les gens dans leurs communautés d’origine pour ne pas les voir s’associer au-delà. L’échec du modèle français est à la mesure des moyens qu’on lui a refusé et non pas de son principe. Quand à tous ceux qui pensent encore que les Arabes et les Noirs sont par nature inassimilables, il suffit de constater que sont en Corée les enfants de couples mixtes d’une origine chinoise à qui l’on réserve cette destinée.

Pour en revenir aux forums et sites web de couples mixtes, j’y retrouve cette même stratégie de communautariser par la autorités, laissant prospérer les forums communautaires par origine (franco-marocain, franco-thai, franco-russe, etc. …) tout en confinant les initiatives multinationales franco-étrangères, soit en cherchant à les cantonner à la seule sphère de la défense des sans-papiers afin de les décrédibiliser (je pense aux Amoureux au ban public), soit par la tentative de les isoler en empêchant partiellement leur référencement sur les moteurs de recherche, mettant en valeur leurs sujets insignifiants ou pas assez crédibles tout en supprimant résolument tout lien vers des informations ou considérations pertinentes, argumentées preuves à l’appui (je pense par exemple à multinational).

Au final, il me semble que la République ségrégationniste que l’on veut nous vendre comme inéluctable sera souffletée par l’Histoire qui fera disparaître dans le mépris ses promoteurs. La France de la République a affronté des défis bien plus grands sans pour autant renoncer à ses principes et l’Europe vaut beaucoup mieux que le moyen de nous corseter dont on cherche à l’affubler.

C’est aussi pourquoi je n’aime pas beaucoup l’expression « familles binationales » pour nous caractériser, de même qu’un débat sur l’identité française, prenant en compte la part européenne et au-delà qui nous constitue, me semble beaucoup plus riche et prometteur que ce pauvre débat sur une identité qui ne serait que nationale.

Nous étions jusqu’à ces dernières années des familles françaises avec l’un des conjoints étranger. Les gouvernements successifs tentent depuis 2003 de nous transformer en familles étrangères avec l’un des conjoints français. Cela leur reviendra en boomerang. Toute la question étant combien de temps tout ça va durer ou plutôt combien de temps allons-nous l’accepter.

La France pas plus que la Suisse n’est au clair avec les Conventions Internationales mais sa stratégie est de jouer le pourrissement, misant sur les délais de nombre d'années entre une saisie de ces organes et la mise en application au niveau national de la jurisprudence par eux rendue. Jouer le judiciaire est indispensable mais celui-ci est finalement bien peu s’il n’est pas relayé par le politique. Nous l'expérimentons hélas désormais tous les jours.



Dernière édition par Admin le Mar 2 Mar - 18:24 (2010); édité 2 fois
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Mar 1 Déc - 18:19 (2009)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Admin


Hors ligne

Inscrit le: 24 Avr 2008
Messages: 1 580

MessagePosté le: Jeu 14 Jan - 03:22 (2010)    Sujet du message: Egalité des chances mais inégalités de départ : le piège où l'on enferre les familles étrangères et franco-étrangères populaires. Répondre en citant

Projet de Livre Vert V15                                                     

Revenir en haut
Admin


Hors ligne

Inscrit le: 24 Avr 2008
Messages: 1 580

MessagePosté le: Jeu 14 Jan - 03:29 (2010)    Sujet du message: Egalité des chances mais inégalités de départ : le piège où l'on enferre les familles étrangères et franco-étrangères populaires. Répondre en citant

Rapport européen de 2006.

Est-il besoinde préciser que la France n'avait pas participé ...

Etude UE mesures politiques jeunesse défavorisée                                                     


Revenir en haut
Admin


Hors ligne

Inscrit le: 24 Avr 2008
Messages: 1 580

MessagePosté le: Mar 2 Mar - 17:38 (2010)    Sujet du message: Egalité des chances mais inégalités de départ : le piège où l'on enferre les familles étrangères et franco-étrangères populaires. Répondre en citant

Avoir des droits ou des enfants

Citation:


En ce printemps 2010, les familles franco-étrangères se trouvent désormais à l'heure des enjeux les plus lourds concernant l'avenir de nos enfants métissés. Après plus de 2 ans de discussions, le temps des décisions semble venu concernant l'accueil de la petite enfance.

Nous nous retrouvons au coeur de la fabrication des inégalités et de la plus dangereuse dissimulation du Gouvernement français, consistant à jouer sur la difficulté d'accès aux modes de garde pour placer nos familles franco-étrangères et étrangères populaires face à un choix détestable entre l'enfant et le travail.

En 2003, l'une des premières décisions du nouveau pouvoir, suite à l'élection présidentielle de Jacques Chirac, fût d'annuler le budget de rattrapage d'équipement en crèches pour les banlieues franco-étrangères populaires, budget qui avait été préparé par l'ex-gouvernement Jospin.

Depuis, la situation empire. Il ne s'agit plus désormais de la seule pénurie en modes de garde des moins de trois ans des banlieues populaires. Nous entrons désormais de plein pied dans la pénurie de places de maternelles pour les trois ans dans ces mêmes banlieues. Entassement.

Pour y parer, les modes d'accueil de la petite enfance qui semblent désormais préconisés pour ces mêmes banlieues populaires apparaissent particulièrement détestables. L’article du Monde du 1er mars présenté ci-après, de l’économiste Thibault Gajdos du Centre d’Economie de la Sorbonne, en reprend les enjeux.

Un accueil d’autant plus détestable si ces orientations sont complétées par les dispositions de la directive européenne sur le "socle commun des droits des travailleurs migrants", qui imposeront probablement aux étrangers, et donc à nos conjoints, "d'occuper effectivement un emploi" sous peine de perdre l'accès à la plupart des droits sociaux. Cette directive est désormais escamotée des radars de la Commission Européenne et des parlements nationaux mais les conditions de sa mise en oeuvre, à savoir l'établissement d'un titre unique de séjour établissant l’autorisation de séjour comme celle, ou non, de travail, se concrétisent à travers toute l'Europe, depuis cet été et surtout à l'automne. En l'état, le raisonnable commande donc le pessimisme.

Il faudrait donc bientôt choisir entre conserver des droits sociaux ou s'occuper nous-même de nos enfants faute de structures convenables.

Il faudrait donc choisir entre nos droits ou nos enfants.

A choisir les seconds, il nous faudra ensuite inlassablement parer aux mille chausse-trapes institutionnels de l'inégalité fabriquée et masquée pour que nos enfants puissent percer.

Pour ne prendre que la première d'entre elle, concernant l'année de naissance :

Le rapport Tabarot ,de juillet 2008, du nom de la député UMP chargée par le Président Sarkozy de réfléchir à l'accueil de la petite enfance, préconise un congé parental réduit à un an et non plus trois, et dont l'indemnisation, plafonnée aux deux tiers du salaire, s'élèverait jusqu'à 1 800 euros par mois.

Autrement dit, si les préconisations de ce rapport étaient mises en oeuvre et selon un calcul rapide qui a pour mérite de fixer les idées, les classes moyennes françaises bénéficieraient d'un soutien gouvernemental pour les encorager à la natalité (nationalité ?) qui additionnerait :

- 21 600 euros de congé parental pour le premier conjoint ( 1 800 euros sur 12 mois)
- 3 600 euros pour deux mois supplémentaire de congé parental pour le second conjoint
- remboursement de 50% des frais de garde à domicile dans un plafond de 6 900 euros (3 450 euros de remboursés).
- une demi-part de quotient familial pour les impôts.

Au total, l'appui financier pour l'année de naissance dépasse les 30 000 euros.

A l'inverse, concernant une naissance franco-étrangère populaire, le soutien familial consisterait en une prime de 700 euros avant la naissance auxquels s'ajouterais quelques 550 euros par mois durant 12 mois, soit 6 600 euros pour un total de 7 300 euros. Pas d'incidence de quotient familial car pas d'impôt sur le revenu. Pas de remboursement de 50% des frais de garde à domicile car nos familles trop démunies pour financer une nourrice à la maison.

Concernant les conjointes étrangères de nos familles mixtes, si les droits sociaux ( dont celui du congé parental ) étaient retirés faute de travail effectif, nous en serions alors à : 700 euros de prime auquel s'ajouterait 170 euros par mois d'allocation de base, soit un total de 2 740 euros.

30 000 euros d'un côté, 7 300 euros ou 2 740 euros de l'autre. Il est difficile de ne pas y voir une volonté gouvernementale de favoriser financièrement, dans un facteur de 1 à 10, les enfants des classes moyennes traditionnelles face à nos enfants métissés.

Nous connaissons ainsi le prix des différents enfants aux yeux du gouvernement : un enfant des couches moyennes ou supérieures françaises vaudrait 10 métis populaires.

Cela vraiment peut-il se faire ?


Voir également :

multinational - 5 novembre 2008
http://multinational.leforum.eu/t338-Europe-integration-Bien-au-dela-du-chiffon-rouge-des-manifs-c-est-sur-la-garde-de-la-petite-enfance-que-ca-se-joue.htm



Petite enfance, capital humain et inégalités
LE MONDE ECONOMIE | 01.03.10 | 16h16
Thibault Gajdos, CNRS
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/03/01/petite-enfance-capital-humain-et-inegalites-par-thibault-gajdos_1312696_3232.html

Citation:


Le 2 février, le conseil d'administration de la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), consulté pour avis, a approuvé un projet de décret relatif aux "établissements et services d'accueil des enfants de moins de 6 ans", c'est-à-dire les crèches et jardins d'enfants. Pour l'essentiel, le texte réduit les exigences en matière de qualification du personnel et assouplit les possibilités d'accueil d'enfants en surnombre. Cette réforme est présentée comme un simple toilettage technique d'un texte obsolète, et n'a guère fait l'objet de publicité. Et si, pourtant, c'était en partie notre avenir qui se jouait là ? C'est ce que suggère l'analyse économique.

Le décret réduit la part (minimale) du personnel le plus qualifié (puéricultrices, éducateur de jeunes enfants, auxiliaires de puériculture...) de 50 % à 40 %. Le quota d'enfants pouvant être accueillis en surnombre, fixé aujourd'hui à 10 % de la capacité maximale, passerait à 15 % pour les crèches offrant entre 20 et 40 places, et à 20 % pour celles disposant de plus de 40 places. Le texte prévoit également la création de "jardins d'éveil", sans préciser le niveau de qualification du personnel ni le taux d'encadrement. L'objectif de la réforme est de faire face à la double pénurie de places de crèches et de personnel qualifié.

Or la prise en charge collective des jeunes enfants constitue un enjeu social et économique essentiel. Et ce, à deux titres au moins. Tout d'abord, l'absence de solution satisfaisante pour garder les enfants est un facteur important d'éloignement des femmes du marché du travail. A contrario, l'ouverture de places en crèches favorise leur retour en emploi. Eric Maurin et Delphine Roy (L'Effet de l'obtention d'une place en crèche sur le retour à l'emploi des mères et leur perception du développement des enfants, Cepremap, mai 2008) ont montré, en s'appuyant sur une enquête réalisée à Grenoble en 2007, que 100 000 places en crèches permettaient de sauvegarder 15 000 emplois. Mieux : une analyse soigneuse des bénéfices et des coûts leur permet de conclure que l'ouverture de nouvelles places en crèches... est économiquement rentable.

Les crèches collectives sont également les lieux privilégiés des actions éducatives en faveur des très jeunes enfants, notamment de milieu défavorisé. L'économiste James Heckman (Prix Nobel en 2000), s'appuyant sur des travaux d'économie, de neurosciences et de psychologie, a montré que les capacités d'un individu à s'insérer socialement et à acquérir une qualification sont largement déterminées dans sa prime enfance. C'est donc au cours de ces premières années que se creusent les inégalités les plus durables. Les politiques d'éducation en faveur des très jeunes enfants défavorisés sont ainsi à la fois les plus justes et les plus rentables économiquement ("Skill Formation and the Economics of Investing in Disadvantaged Children", Science, juin 2006).

Le décret en préparation marque donc une inflexion profonde d'un instrument de politique économique et social majeur. En privilégiant la quantité sur la qualité, il modifie à la fois le niveau et la répartition de la production de "capital humain" dans notre pays. On aurait pu croire qu'une décision de cette importance ferait l'objet d'une étude, peut-être même d'une expérimentation, comme c'est le cas outre-Atlantique. Non. Cette décision a été prise sans l'ombre d'une évaluation. Sans l'ébauche d'un débat public.



Dernière édition par Admin le Mar 2 Mar - 18:30 (2010); édité 1 fois
Revenir en haut
Invité
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mar 2 Mar - 18:09 (2010)    Sujet du message: Egalité des chances mais inégalités de départ : le piège où l'on enferre les familles étrangères et franco-étrangères populaires. Répondre en citant

Effet de l'obtention d'une place en crèche sur le retour à l'emploi des mères et leur perception du développement de leurs enfants
CEPREMAP - Eric Maurin, Delphine Roy
http://cepremap.ens.fr/depot/docweb/docweb0807.pdf

Citation:


Place en crèches et retour à l'emploi - mai 2008 Cepremap



Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:51 (2016)    Sujet du message: Egalité des chances mais inégalités de départ : le piège où l'on enferre les familles étrangères et franco-étrangères populaires.

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Franco-Etrangers Index du Forum -> couples et familles binationales -> A la Une Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com