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Nos jeunes maîtres en métissage

 
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MessagePosté le: Mer 3 Mar - 21:56 (2010)    Sujet du message: Nos jeunes maîtres en métissage Répondre en citant

Nos jeunes maîtres en métissage
Le Temps.ch
1er mars 2010
http://m.letemps.ch/Page/Uuid/461d9a82-24b1-11df-ad48-41050ff556f8/Nos_jeunes-maitres_en_metissage

Citation:


Les enfants de migrants sont des précurseurs: tout humain sera, demain, confronté au multiple et au mélange. L’ethnopsychiatre française Marie Rose Moro raconte, dans son dernier livre, comment l’autre nous parle de nous

Naître et mourir sous le même pommier, grandir dans un modèle unique de famille: ces conditions existentielles, qui furent longtemps la norme dans nos sociétés, sont en voie accélérée de disparition. Les humains de demain, davantage encore que ceux d’aujourd’hui, seront en effet confrontés à la diversité, au changement, au métissage, au transitoire. C’est pourquoi les enfants de migrants sont des précurseurs: ils ont beaucoup à nous apprendre.

C’est la thèse du dernier livre de Marie Rose Moro, pionnière, avec Tobie Nathan, de l’ethnopsychiatrie en France et fondatrice de plusieurs unités de soins transculturelles. Une thèse qu’elle défend avec un mélange très réussi de rigueur scientifique et d’engagement. Fruit de centaines d’heures passées à découvrir le monde en écoutant les familles venues d’ailleurs, Nos enfants demain* trouve les mots pour célébrer «la grandeur existentielle» de la migration, la fragilisation qu’elle engendre, mais aussi la mine de talents et de ressources qu’elle représente. Entretien.

Le Temps: Nous restons dominés par la conviction qu’il y a un seul modèle de famille naturellement bon, dites-vous. Et pourtant, nous sommes assoiffés de voyages et d’exotisme. Paradoxe?

Marie Rose Moro: Oui, c’est un double paradoxe. Car tant que nous restons sur notre terrain, nous acceptons l’idée que les modèles familiaux se démultiplient, avec l’augmentation des familles recomposées, ou à un seul parent, ou à deux parents du même sexe… Mais lorsque cette diversité émane de familles migrantes, nous la soupçonnons immédiatement d’être dysarmonieuse.

– Retrouvez-vous, dans les nouvelles formes que prend la famille ici, des configurations traditionnelles observées ailleurs?

– Bien sûr. Prenez le fait, pour un enfant de couple séparé, d’être confronté à plusieurs femmes assumant le rôle maternel: on retrouve une même diversité dans les familles polygames et, en soi, elle n’a rien de problématique pour l’enfant. Ces comparaisons devraient nous rendre modestes et tolérants. C’est rarement le cas.

– Vous recevez en consultation des mères avec leur bébé, fragilisées par le fait qu’ici, le mode de maternage est tout différent que chez elles. Mais chez nous, l’art d’accommoder les bébés change tous les dix ans: n’est-ce pas, aussi, une source de fragilisation?

– Ce qui est sûr, c’est que les mères d’ici sont souvent très seules avec leur bébé: 10% de taux de dépression port-partum, c’est beaucoup. Il est vrai aussi que les difficultés vécues par les femmes migrantes ne sont, d’une certaine manière, que l’exacerbation de problèmes plus généraux. Tout de même, les variations dont vous parlez en matière de puériculture adviennent dans un contexte culturel cohérent et ne sont rien à côté des différences vécues par des femmes qui passent d’un univers mental à l’autre et dont chaque geste, ici, est regardé comme suspect.

– Par exemple, parce qu’elles ne parlent pas à leur bébé?

– Effectivement, il y a là une source de malentendu majeur. Nous faisons partie de ce que les ethnologues appellent le monde «à berceau», où une mère qui aime son enfant le regarde et lui parle. En revanche, elle le manipule peu et le couche dans un berceau: le rapport «œil à œil» suppose une certaine mise à distance. Ailleurs, par exemple en Inde du Nord ou en Afrique centrale, c’est le corps qui sert de berceau. L’enfant est porté, massé, et très stimulé sur le plan moteur. Mais dans ce corps à corps, le regard et la parole sont moins valorisés. Inutile de préciser qu’il n’y a pas une manière de faire meilleure que l’autre, ce sont deux types de maternage qui tirent leur force structurante de leur cohérence. Encore faut-il l’avoir compris, et cette capacité à se décentrer n’est malheureusement pas assez répandue: une femme africaine va consulter, on lui explique que si son bébé a des problèmes c’est qu’elle ne lui parle pas assez, elle finit par acheter un berceau et cesse de le porter, mais cela n’a aucun sens pour elle alors le bébé va encore plus mal…

– Si nous tenons, ici, les enfants à distance, c’est pour les aider à devenir autonomes. Comment peut-on fabriquer de futurs adultes si on n’a pas ce souci?

– Tous les parents de la terre ont ce souci! Mais dans une autre vision du monde que la nôtre, le chemin qui mène à l’autonomie est différent. Dans l’univers «sans berceau», l’enfant qui arrive est une énigme, un étranger: il faut d’abord apprendre à le connaître, l’arrimer aux humains. Ensuite seulement, on peut se séparer. La condition de l’autonomie, c’est qu’il n’y ait plus de doute sur le lien entre lui et nous.

– Les mères européennes sont friandes de pratiques «exotiques»: elles se sont mises à porter les bébés, à les masser… ces emprunts ont-ils un sens?

– C’est cela, le métissage: on observe, on compare, on emprunte à l’autre monde ce qui est bon pour nous. Les femmes migrantes ne font rien d’autre, et cette addition est un enrichissement lorsque le passage d’un monde à l’autre est maîtrisé, qu’il se fait hors de tout diktat et de toute intimidation.

– Les nounous que nous engageons pour s’occuper de nos enfants viennent très souvent d’ailleurs. Là aussi, il y a choc des cultures...

– Les choses se passent en général très bien: le bébé est stimulé de plein de manières différentes, il fait l’expérience de l’altérité, c’est déjà un enfant métissé avant d’avoir voyagé!

– Vous avez mené des recherches sur les enfants de migrants dont le parcours scolaire est particulièrement brillant. Quelles sont les conditions d’un métissage réussi?

– Une condition essentielle est d’avoir une bonne estime de sa langue maternelle. Et aussi de bénéficier de l’aide d’un «passeur» pour faire l’aller-retour d’une langue, d’un monde à l’autre. Trop souvent encore, l’école croit pouvoir baser l’apprentissage du français sur l’effacement de la langue maternelle. C’est une fatale erreur, car la langue initiale est cruciale pour la construction du sentiment de sécurité qui permet de s’ouvrir à l’apprentissage. Nous aidons beaucoup d’enfants à retrouver le plaisir d’apprendre en encourageant leurs parents à parler leur langue première à la maison. L’école devrait favoriser et généraliser le multilinguisme. Elle a encore de gros progrès à faire.



Marie-Rose Moro, la psychiatre qui aide nos enfants
Terra Femina - Candice Satara-Bartko
http://www.terrafemina.com/engagement/femmes-engagees/articles/559-marie-rose-moro-la-psychiatre-qui-aide-nos-enfants-.html

Citation:


Depuis plus de 20 ans, Marie-Rose Moro se consacre à sa passion, les enfants. Psychiatre pour enfants et adolescents, elle dirige aussi la Maison des Adolescents à Paris. Elle nous raconte son engagement de toujours en faveur des enfants de migrants et de tous les autres…

En 2006, Marie-Rose Moro succède au très médiatique Marcel Rufo à la tête de la « Maison de Solenn », qui accueille les adolescents en souffrance. Elle reçoit en consultation des jeunes en difficulté, qui ont le plus souvent des troubles du comportement alimentaire. Elle tente de répondre à leurs besoins et soutient les familles.

Marie-Rose Moro se consacre aux enfants depuis toujours et plus particulièrement aux enfants de migrants. Pour eux, elle a créé des consultations transculturelles, uniques en France. Son intérêt pour ces enfants, qui cristallisent les nombreux traumatismes de l’enfance, n’est surement pas étranger à son histoire personnelle. Marie-Rose Moro est fille de migrants espagnols qui se sont installés dans les Ardennes. Elle est arrivée en France à moins d’un an « Mon père est venu en France avec l’idée que ses enfants seraient docteurs » dit-elle en souriant. Elle ne le décevra pas et obtiendra son diplôme de médecin à Nancy tout en poursuivant des études de philosophie. Pour réunir ses deux passions, la psychanalyse et la philosophie, elle se tournera naturellement vers la psychiatrie.

Quand elle arrive à Paris après ses études de médecine, c’est pour travailler auprès du spécialiste de la petite enfance, le psychiatre Serge Lebovici. « Son enseignement m’a beaucoup marqué », dit-elle. Lorsqu’elle commence en tant que psychiatre, elle est immédiatement frappée par la situation des enfants de migrants : ces enfants qui sont nés en France mais dont les parents ont émigré. « Je me suis rendu compte qu’il fallait s’occuper d’eux, les aider à construire leur identité », explique -telle. Elle remarque à quel point ces enfants sont victimes de discriminations. Les représentations des uns, les préjugés des autres, professeurs ou médecins la choquent. « Moi-même, en grandissant, j’avais ressenti que ce n’était pas pareil, qu’on me traitait différemment des autres », ajoute-t-elle. Mais elle confie aussi la chance qu’elle a eue « de rencontrer des personnes qui n’abrasent pas les différences ».

Elle se lance alors dans une pratique engagée de la psychiatrie en s’appuyant sur les travaux de l’ethnopsychiatre Tobie Nathan. Elle crée des consultations transculturelles qu’elle anime toujours. Lors de ces entretiens, ce sont souvent les mêmes problèmes qui reviennent. « Les parents de migrants renoncent à transmettre leur culture, leur tradition. Cela ne fait pas de bien aux enfants car ils perçoivent leur origine de manière très floue. Ils ont même parfois honte de leur langue maternelle. A l’adolescence, il arrive qu’ils s’opposent à leurs parents.» La transmission est un exercice très difficile, la psychiatre en est consciente. Il faut un juste équilibre, mais c’est avant tout une affaire parentale.

Dans son livre elle revient sur ces familles qu’elle croise : leurs difficultés, les cicatrices, l’incompréhension, le « traumatisme migratoire » qu’ils vivent, mais aussi leurs rêves et leurs espoirs pour s’intégrer.

La méthode de Marie Rose Moro est un succès, les demandes pour ses consultations sont très nombreuses et mobilisent de vraies équipes aujourd’hui. C’est à l’école qu’elle veut que les choses changent, afin que l’on considère ces enfants comme les autres et que leurs origines soient valorisées. « L’échec scolaire précoce est fatal pour eux. En France, on ne vous donne pas de 2ème chance », déplore-t-elle.

Mais il n’y a pas qu’eux et la psychiatre entend aussi s’occuper des enfants de couples mixtes, issus de familles monoparentales ou encore adoptés, qui sont dans les mêmes logiques que les enfants de migrants, car ils doivent surmonter leurs différences. « Ces enfants sont profondément modernes. Ils se construisent avec des logiques différentes et apprennent la complexité identitaire » observe Marie-Rose Moro.

Avec ces résultats individuels, elle a le sentiment de faire avancer les choses même si elle ne cache pas être touchée et parfois révoltée par ce qu’elle voit : « il y des combats qu’on perd, c’est le travail du thérapeute de composer avec. » Et, tous les jours, elle apprend de ces adolescents ou enfants qu’elle croise et qui reflètent à eux seuls les maux de notre époque.



Citation:


Voici le site de Marie-Rose MORO :

www.marierosemoro.fr

Si toutefois les filtres vous permettent d'y accéder



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MessagePosté le: Mer 3 Mar - 21:56 (2010)    Sujet du message: Publicité

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